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222 IF. .\r///c SIÈCLE /M/1 LES TEXTES
UECTOR.
Que je lise Sénèque?
val'Hiï:.
Oui. Ne sais- tu pas lire?
HECTOR
Eh! vous n'y pensez pas; Je n'ai lu de mes jours' que dans des almanachs.
VALKRE.
Ouvre, et lis au hasard.
UECTOR.
Je vais le mettre en pièces^.
VALÈRE
Lis donc.
UECTOR lit.
« Chapitre six. Du mépris des richesses : « La fortune offre aux yeux des brillants mensongers : « Tous les biens d'ici- bas sont faux et passagers; « Leur possession trouble, et leur perte est légère : << Le sage gagne assez quand il peut s'en défaire. » Lorsque Sénèque fit ce chapitre éloquent, 11 avait comme vous perdu tout son argent.
VALÈRE, se levant.
Vingt fois le premier pris^ ! Dans mon cœur il s'élève
(// s'assied.) Des mouvements de rage. Allons, poursuis, achève,
HECTOR
« L'or est comme une femme : on n'y saurait toucher « Que le co?ur, par amour, ne s'y laisse attacher. «' L'un et l'autre en ce temps, sitôt qu'on les manie, « Sont deux grands rémoras* pour la philosophie. » N'ayant plus de maîtresse et n'ayant pas un sou, Nous philosopherons maintenant tout le soûl.
1. Deme.sjours.I)emaiyie.C{.p.2l9, .3. Le premier pris. Cf. p. 21'.), n. 1. n. 6. 4. Ueiu f/ranilaréiiioras. Poissonfi qui,
2. Le mettre en pièces. « En lire au selon les anciens, arrêtaient les nahasard des fragments. » (Littré.) C'est vires; par suite, retardement? , obs plutôt quelque chose comme l'estropier. tacles.
VAIÈRE.
De mon sort désormais vous serez seule arbitre, Adorable Angélique... Achève ton chapitre.
HECTOR
« Que faut-il... »
VALÈRE
Je bénis le sort et ses revers, Puisqu'un heureux malheur me rengage en vos fers. Finis donc.
HECTOR
« Que faut-il à la nature humaine?
« Moins on a de richesse, et moins on a de peine. « C'est posséder les biens que savoir s'en passer. » Que ce mot est bien dit! et que c'est bien penser! Ce Sénèque, monsieur, est un excellent homme. Etait-il de Paris?
VALÈRK.
Non, il était de Rome.
Dix fois à carte triple' être pris le premier!
HECTOR
Ah ! monsieur, nous mourrons un jour sur un fumier.
VALÈRE
Il faut que de mes maux enfin je me délivre.
J'ai cent moyens tout prêts pour m'empêcher de vivre.
La rivière, le feu, le poison et le fer.
HECTOR
Si vous vouliez, monsieur, chanter un petit air? Votre maître à chanter est ici : la musique Peut-être calmerait cette humeur frénétique.
VALÈRE
Que je chante !
HECTOR
Monsieur...