‹ Le Dix-huitième siècle par les textes, morceaux choisisChapitre 204 sur 340 · I.'aulio esl mon serviteur, 1. a 11 lie est mon serviteur · texte numérisé non relu

I.'aulio esl mon serviteur, 1. a 11 lie est mon serviteur

Ilcin '. luMii ' quand il y aura des accompagnements là-dessous, nous'verrons encore, Messieurs de lu cabale', si je no sais ce que je dis. (// aperçoit le comte.) J'ai vu cet abbé-là^ (|uel(iue part. (// se relève.) . Lr. coMTiî, à part. — Cet liommo ne m'est i)as inconnu.

FiG.vHO. — Ivli non. ce n'est pas un abbéi Col air allier et noble...

Le co.mte. — Celto lournuro grotesque...

Figaro. — Je ne me trompe poini; c'est le comte Almaviva.

Le comte. — Je crois que c'est ce coquin de Figaro!

Figaro. — C'est lui-même, monseigneur.

Le comte. — Maraud I si tu dis un mot...

Figaro. — Oui, je vous reconnais; voilà les bontés fainiliores dont vous m'avez toujours lionoré.

Le comte. — Je ne te reconnaissais pas, moi. Te voilà si gros et si gras...

Figaro. — Que voulez-vous, monseigneur, c'est la misère.

Le comte. — Pauvre petit! Mais que fais-tu à Séville? Je t'avais autrefois recommandé dans les bureaux pour un emploi.

Figaro. — Je l'ai obtenu, monseigneur, et ma reconnaissance...

Le comte. — Appelle-moi Lindor. Ne vois-tu pas à mon déguisement que je veux être inconnu?

Figaro. — Je me retire.

Le comte. — Au contraire. J'attends ici quelque chose, et deux hommes qui jasent sont moins suspects qu'un seul qui se promène. Ayons l'air de jaser. Eh bien! cet emploi?

Figaro. — Le ministre, ayant égard à la recommandation

1. 3/c.v.s(>«;'.s-(/(' /rt (■«/>«/('. Figaro avait 2. Le comte, avec son grand man-

essayé du théâtre, et il attribuait ses teau brun et son chapeau rabattu, rcséchecs à la cabale. semble à un abbé.

de Voire Excellence, me fit nommer sur-le-champ garçon apothicaire.

Le comte. — Dans les hôpitaux de l'armée?

Figaro. — Non ; dans les haras d'Andalousie.

Le COMTE, 7'iant. — Beau déhut!

Figaro. — Le poste n'était pas mauvais, parce qu'ayant le district des pansements et des drogues, je vendais souvent aux hommes de bonnes médecines de cheval...

Le comte. — Qui tuaient les sujets du roi,

Figaro. — Ah! ahl il n'y a point de remède universel; mais qui n'ont pas laissé de guérir quelquefois des Galiciens, des Catalans, des Auvergnats'. •

Le comte. — Pourquoi donc l'as-tu quitté?

Figaro. — Quitté? c'est bien lui-même; on m'a desservi auprès des puissances.

L'eavie aux doigts crochus, au teint pâle et livide...

Le comte. — Oh! grâce , grâce, amil Est-ce que tu fais aussi des vers? Je t'ai vu là griffonnant sur ton genou, et chantant dès le matin.

Figaro. — Voilà précisément la cause de mon malheur, Excellence. Quand on a rapporté au ministre que je faisais, je puis dire assez joliment, des bouquets à Chloris-, que j'envoyais des énigmes aux journaux, qu'il courait des madrigaux de ma façon, en un mot, quand il a su que j'étais imprimé tout vif^ il a pris la chose au tragique et m'a fait ôter mon emploi, sous prétexte que l'amour des lettres est incompatible avec l'esprit des affaires.

Le comte. — Puissamment raisonné! et tu ne lui fis pas représenter...

Figaro. — Je me crus trop heureux d'en'' être oublié, persuadé qu'un grand nous fait assez de bien quand il ne nous fait pas de mal.

1. Tous montagnards et gens ro- 3. Imprimé tout vif. Se d'il d'anhommc bustes. qui se voit imprimé sans s'attendre à

2. Bouquets il Chloris. Petites pièces l'être ou sans qu'on s'attende à ce qu'il de vers galants. Il en est de Chloris le soit.

comme de Philis; cf. p. 24S, n. 1. i. En. Cf. p. 32, n. 2.

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