‹ Le Dix-huitième siècle par les textes, morceaux choisisChapitre 223 sur 340 · Précipiter. Cf. p. 307, n. 3. l'a percé d'un coup mortel · texte numérisé non relu

Précipiter. Cf. p. 307, n. 3. l'a percé d'un coup mortel

■Xri II. wiii- sii-ci.h: /M/i i.i:s ïi:\ri:s

jUM'SiMifo la ranima. Je ne pniivais lui ilcmiiscr h* Icrrililc acoitionhiui vonailde niarrivcr. \i\\c Uiiiibasaus fonnaissancc cntro mes liras au récit de la iiiori de Syiiiielel cl de ma blessure. J'employai plus (riin i|uart d'IiiMirc à lui l'aire retrouver le senliiiieuU

J'étais à demi mort moi-même ; je ne voyais pas le moindre jour à sa sûreté ni à la mienne, « Manon, que ferons-nous? lui dis-je, lorsiju'elle eut repris un peu de force. Hélas! qu'allons-nous faire? 11 faut n(''ces.sairemeul que je m'éloigne. Voulez-vous demeurer dans la ville? Qui, deineurez-y. Vous pouve/. encore y cire heureuse; et moi, je vais loin de vous chercher la mort parmi les sauvages ou entre les griffes des bètes féroces. » Elle se leva malgré sa faiblesse; elle me prit par la main pour me conduire vers la porte. « Fuyons ensemble, me dit-elle, ne perdons pas un instant. Le corps de Synnelet peut avoir été trouvé par hasard, et nous n'aurions •pasle temps de nous éloigner. — Mais, chère Manon, repris-je tout éperdu, dites-moi donc où nous pouvons aller. Voyezvous quelque ressource? Xe vaut-il pas mieux (jue vous tachiez de vivre ici sans moi. et que je porte volontairement ma tête au gouverneur? » Cette proposition ne fit qu'augmenter .son ardeur à partir. Il fallut la suivre; j'eus encore assez de présence d'esprit en sortant pour prendre quelques liqueurs fortes que j'avais dans ma chambre et toutes les provisions que je pus faire entrer dans mes poches. Nous dîmes à nos domesti(^ues, qui étaient dans la chambre voisine, ({ue nous partions pour la promenade du soir (nous avions cette coutume tous les jours), et nous nous éloignâmes de la ville plus promptemenl que la délicatesse' de Manon ne semblail le permettre.

Quoique je ne fusse pas sorti de mon irrésolution sur le lieu de notre retraite, je ne laissais pas da'voir deux espérances sans lesquelles j'aurais préféré la mort à l'incertitude de ce qui pouvait arriver à Manon. J'avais acquis assez de connaissance du pays, depuis près de dix mois qu€ j'étais en Amérique, pour ne pas ignorer de quelle manière on apprivoisait les sauvages. On pouvait se mettre en leurs mains

Page 1