‹ Le Dix-huitième siècle par les textes, morceaux choisisChapitre 250 sur 340 · Sentimeul. Cf. p. 9, n. 5. le raille de cette colère · texte numérisé non relu

Sentimeul. Cf. p. 9, n. 5. le raille de cette colère

3. Q«!/^/«((/ew«H(/e. Qui lui demande 5. Pour être. Pour ce qu'ils sont ^ son sentiment (son appréciation sur un pour cette raison qu'ils sont, sonnet). — Rousseau, comme il l'avoue 6. Aclcl,scènei. Leprcmierverscst: lui-même et s'en excuse, écrivait sa , ,., • , . lettre sans livres et au hasard de se ^es uns-, parce quils sont .nechants et

, .... ,, ■ , malfaisants,

tromper dans ses citations. Il confond

ici la première scène du Misaiillirope 7. Support. Apjiui, soutien.

avec la seconde. C'est dans la première 8. lucexsammeut. Sans cesse; c'est la

que se trouve cette déclaration de haine signification classique.

la lettre, c'est qu'avec ses brusqueries et ses incartades, il ne laisse pas dintéresser* et de plaire- Les spectateurs ne voudraientpas à la vérité lui ressembler, parce que tant de droiture est fort incommode; mais aucun d'eux ne serait fâché d'avoir affaire à quelqu'un qui lui ressemblât : ce qui n'arriverait pas s'il était l'ennemi déclaré des hommes. Dans toutes les autres pièces de Molière, le personnage ridicule est toujours haïssable ou méprisable. Dans celle-là, quoique Alceste ait des défauts réels dont on a pas tort de rire, on sent pourtant au fond du cœur un respect pour lui dont on ne peut se défendre. En cette occasion, la force de la vertu l'emporte sur l'art de l'auteur et fait honneur à son caractère. Quoique Molière fit des pièces répréhensibles, il était personnellement honnête homme; et jamais le pinceau d'un honnête homme ne sut couvrir de couleurs odieuses les traits de la droiture et de la probité. 11 y a plus : Molière a mis dans la bouche d'Alceste un si grand nombre de ses propres maximes, que plusieurs ont cru qu'il s'était voulu peindre lui-même. Cela parut dans le dépit qu'eut le parterre à la première représentation de n'avoir pas été, sur le sonnet, de l'avis du misanthrope; car on vit bien que c'était celui de l'auteur.

Cependant ce caratère si vertueux est présenté comme ridicule. Ul'est en effet, à certains égards; et ce qui démontre que l'intention du poète est bien de le rendre tel, c'est celui de l'ami Philinle, qu'il met en opposition avec le sien. Ce Philinle est le sage de la pièce ; un de ces honnêtes gens du grand monde dont les maximes ressemblent beaucoup à celles des fripons; de ces gens si doux, si modérés, qui trouventtoujours que tout va bien, parce qu'ils ont intérêt que rien n'aille mieux; qui sont toujours contents de tout le monde, parce qu'iLs ne se soucient de personne; qui, autour d'une bonne table, soutiennentqu'il n'est pas vrai que le peuple ait faim; qui, le gousset bien garni, trouvent fort mauvais qu'on déclame en faveur des pauvres; qui, de leur maison bien fermée, verraient voler, piller, égorger, massacrer tout le genre humain sans se plaindre, attendu que Dieu les a doués

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