‹ Le Dix-huitième siècle par les textes, morceaux choisisChapitre 255 sur 340 · XI · texte numérisé non relu

XI

;./; wiir sii-.ci.k /m/j i.ks ■ri:\ii:s

rapporls moraux, essayez do r.iirc enlciidre ces rapporls à vos olc'ves, et vous verre/, alors si Ihisloire csl do leur âge.

Lecteurs, souvenez- vous toujours que celui <|iii vous parle n'est ni un savant ni un philosophe, mais un homme simple, ami de la vérité, sans parti', sans système, un solitaire, qui, vivant peu avec les hommes, a moins d'occasions de s'imhoire- de leurs préjugés, et plus de temps pour réiléchir sur ce qui le frappe quand il commerce^ avec eux. Mes raisonnements sont moins fondés sur des principes que sur des faits; cl je crois ne pouvoir mieux vous mettre à portée d'en juger que de vous rapporter souvent quelque exemple des ohservations qui me les suggèrent.

J'étais allé passer quelques jours à la campagne, chez une bonne mère de famille qui prenait grand soin deses enfants et de leur éducation. Un malin que j'étais présent aux leçons de l'aîné, son gouverneur, qui l'avait très bien instruit de l'histoire ancienne, reprenant celle d'Alexandre, tomba sur le trait connu du médecin Philipi)e\ qu'on a mis en tableau, et qui sûrement en valait bien la peine. Le gouverneur, homme de mérite, fit, sur l'intrépidité d'Alexandre, plusieurs réflexions qui ne me plurent point, mais que j'évitai de combattre, pour ne pas le décréditer dans l'esprit de son élève. A table, on ne manqua pas, selon la méthode française, de faire babiller le petit bonhomme. La vivacité naturelle à son âge et l'attente d'un applaudissement sûr lui firent débiter mille sottises tout à travers^ lesquelles partaient de temps en temps quelques mots heureux qui faisaient oublier le reste. Lnûn vint l'histoire du médecin Philippe : il la raconta fort nettement et avec beaucoup de grâce. Après l'ordinaire tribut d'éloges qu'exigeait la mère et qu'attendait letils, on raisonna sur ce qu'il avait dit. Le plus grand nombre blâma la témérité d'Alexandre; quelques-uns, à l'exemple du gouverneur, admiraient sa fermeté, son courage : ce qui

Page 1