Thérèse. fidas Achates
\:\2 i.h: wiii- sihxi.i-: /mk les testes
lieu (It'sorl où rien, ne nionliaiil la main dos hommes, n"annonçAl la serviludc el la dominalion, (juchiiie asile où je pusse croire avoir pénétré le prtMuirr et où nul tiers importun ne vint s'interposer entre la nature el moi. C'était là qu'elle semblait déployer à mes yeux une magnidccnce toujours nouvelle. L'or des genêts et la pourpre des bruyères frappaient mes yeu.\ d'un luxe qui touchait mon cœur; la majesté des arbres qui me couvraient de leur ombre, la délicatesse des arbustes qui m'environnaient, l'étonnante variété des herbes et des Heurs que je foulais kous mes j)ieds tenaient mon esprit dans une alternative continuelle d'observation et d'admiration; le concours de tant d'objets intéressants qui se disputaient mon attention , m'altirant sans cesse de l'un k l'autre, favorisait mon humeur rêveuse et paresseuse, et me faisait souvent redire en moi-même : « Non , Salomon dans toute sa gloire ne fut jamais vêtu comme l'un d'eux*. »
Mon imagination ne laissait pas longtemps déserte la terre ainsi parée. Je la peuplais bientôt d'êtres selon mon cœur, et, chassant bien loin l'opinion, les préjugés, toutes les passions factices, je transportais dans les asiles de la nature des hommes dignes de les habiter^. Je m'en-' formais une société charmante dont je ne me sentais pas indigne, je me faisais un siècle d'or* à ma fantaisie; et, remplissant ces beaux jours de toutes les scènes de ma vie qui m'avaient laissé de doux souvenirs et de toutes celles que mon cœur pouvait désirer encore, je m'attendrissais jusqu'aux larmes sur les vrais plaisirs de l'humanité, plaisirs si délicieux, si purs, et qui sont désormais si loin des hommes. Oh! si dans ces moments quelque idée de Paris, de mon siècle, et de ma petite gloriole d'auteur, venait troubler mes rêveries, avec quel dédain je la chassais à l'instant, pour me livrer, sans distraction , aux sentiments exquis dont mon âme était pleine! Cependant, au milieu de tout cela, je l'avoue, le néant de mes chimères venait quelquefois la contrister tout à coup. Quand tous mes rêves se seraient tournés en réalités,