Effrayée. Cf. p. li, n. 1. classique
ANDRÉ CHENIEli 499
« 0 VOUS, du Sébéthus' Naïades- vagabondes,
Coupez sur mon tombeau vos chevelures blondes.
Adieu, mon Clinias; moi, celle qui te plus^,
Moi, celle qui t'aimai, que tu ne verras plus !...
0 cieux, ô terre, ô mer, prés, montagnes, rivages.
Fleurs, bois mélodieux, vallons, grottes sauvages,
Rappelez-lui souvent, rappelez-lui toujours,
Néœre tout son bien, Néaere ses amours,
Cette Néœre, hélas ! qu'il nommait s'a Néœre ;
Qui pour lui criminelle abandonna sa mère;
Qui pour lui fugitive, errant de lieux en lieux.
Aux regards des humains n'osa lever les yeux^.
Oh! soit que l'astre pur des deux frères d'Hélène^
Calme sous ton vaisseau la vague ionienne.
Soit qu'aux bords de PœstumS sous ta soigneuse main.
Les roses deux fois l'an couronnent ton jardin,
Au coucher du soleil, si ton àme attendrie
Tombe en une muette et molle rêverie.
Alors, mon Clinias, appelle, appelle-moi.
Je viendrai, Clinias; je volerai vers toi.
Mon àme vagabonde, à travers le feuillage,
Frémira. Sur les vents ou sur quelque nuage
Tu la verras descendre, ou, du sein de la mer,
S'élevant comme un songe, étinceler dans l'air,
lit ma voix, toujours tendre et doucement plaintive,
Caresser, en fuyant, ton oreille attentive. »
[Elégies.)