Pauvreté m'afflige. — Omission pril
de l'article, comme par imitation de 12. Pelé. Râpé.
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Vend mainlc scène k niaiiil acteur sifllé. J'entre, je lis d'une voix fausse et j^rèle Le Irisle drame écrit pour la Denèle '. Dieu paternel, quels dédains, quel accueil! De quelle œillade altière, impérieuse, La Dumesnil rahallil mon orgueil !
La Dangeviile est plaisante el moqueuse : EWe riait; Grandval me regardait D'un air de prince, et Sarrazin dormait; Et, renvoyé penaud par la cohue, J'allai gronder et pleurer dans la rue.
De vers, de prose, et de honte étouffé, Je rencontrai Gresset dans un café; Gresset doué du double privilège D'être au collège un bel esprit mondain. Et dans le monde un homme de collège ; Gresset dévot; longtemps petit badin, Sanctifié par des palinodies, Il prétendait avec componction Qu'il avait fait jadis des comédies, Dont à la Vierge il demandait pardon.
— Gresset se trompe"^, il n'est pas si coupable : Un vers heureux et d'un tour agréable
Ne suffit pas; il faut une action,
De l'intérêt, du comique, une fable.
Des mœurs du temps un portrait véritable,
Pour consommer cette œuvre du démon»
Mais que fit-il dans ton affliction?
— Il me donna les conseils les plus sages. « Quittez, dit-il, les profanes ouvrages; Faites des vers moraux contre l'amour; Soyez dévot, montrez-vous à la cour. »
Je crois mon homme, et je vais à Versailles Maudit voyage I hélas ! chacun se raille En ce pays d'un pauvre auteur moral;
1. « Denèle était une assez bonne 2. Ici prend la parole celui auquel
comédienne pour qui principalement le « pauvre diable » raconte ses dé-
Zoraïde avait été faite. Les noms qui boires.
suivent sont les noms des comédiens .3. Versaille. Au lieu de Versaillex,
de ce temps-là. » (Note de Voltaire.) par licence poétique.
Dans Tantichambre il est reçu bien mal, Et les laquais insultent sa figure Par an mépris pire encor que l'injure.
Plus que jamais confus, humilié, Devers' Paris je m'en reviens à pied.
L'abbé Trublet^ alors avait la rage D'être à Paris un petit personnage; Au peu d'esprit que le bonhomme avait L'esprit d'aulrui par supplément servait. Il entassait adage sur adage; Il compilait, compilait, compilait; On le voyait sans cesse écrire, écrire Ce qu'il avait jadis entendu dire, Et nous lassait^ sans jamais se lasser : Il me choisit pour l'aider à penser.
Trois mois entiers ensemble nous pensâmes, Lûmes beaucoup, et rien n'imaginâmes.
[Le Pauvre Diable.)