‹ Le Docteur angélique, St. Thomas d'AquinChapitre 10 sur 153 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

pressa de chercher sa consolation en Dieu. Il l'y trouva, et plus abondamment qu'il n'aurait osé l'espérer. Car, dans une vision sensible et très distincte, Marozia lui apparut, lui disant qu'elle était retenue en purgatoire, mais qu'avec le secours de ses prières et d'un certain nombre de messes qu'elle lui demanda, elle parviendrait prochainement à la céleste patrie. Le Docteur appela ses disciples, leur fit part de cette révélation,* et réclama leurs saints sacrifices et leur intercession pour sa sœur.

Quelque temps après il était à Rome, afitiigé de nouveau par la mort presque simultanée de ses deux frères, Landolfe et Raynald.L'abbesse de Sainte-Marie lui apparut encore une fois, mais délivrée du purgatoire, et jouissant de la gloire éternelle. Thomas lui demanda ce qu'il devait penser de lui-même. Elle répondit : « Vous, mon frère, vous êtes en bon état et bientôt vous viendrez à nous ; mais une plus grande gloire que la nôtre vous est réservée. Tenez seulement ce que vous avez déjà. » Il l'interrogea ensuite sur son frère Landolfe, et elle répondit qu'il était en purgatoire ; puis sur Raynald, et elle affirma qu'il était en paradis.

Dans une autre vision, un ange lui montra un livre

merveilleux dont les lignes étaient d'or ou d'azur. Parmi celles qui étaient d'or, et qui étaient réservées aux martyrs, il trouva le nom de Raynald tombé depuis peu sous les coups des partisans de Frédéric. Dans les lignes d'azur, il aurait pu lire sans doute les noms de son père et de sa mère, de son frère Landolfe et de sa sœur Marozia.

La comtesse Théodora de San-Severino, qui eut la douleur de lui survivre, avait un fils, le comte Thomasio de Marsico, digne héritier de ses vertus. — Le comte Landolfe avait aussi une fille, Françoise, qui épousa le comte Annibaldi de Ceccano, seigneur du château de Maënza où le Docteur Angélique prit un peu de repos quelques jours avant sa mort.

Si nous joignons à ces personnes illustres Landolfe Sinibald, 56^ abbé du Mont-Cassin, légat du Saint Siège, et oncle paternel de saint Thomas ; — Thomas d'Aquin, comte d'Acerra, maréchal de camp de l'empereur Frédéric II, et pareillement aussi oncle de notre saint; — son neveu le comte de Fondi, frère ou

cousin de Thomasio de Marsico ; — puis ses deux autres nièces, sœur Flora, religieuse franciscaine de Naples, et Catherine de Marra, qui au temps de sa canonisation apparaît comme une dame de fort grand

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