CHAPITRE TREIZIÈME
qu'il s'adresse, pour entendre exactement leurs leçons et leurs récits inspirés. Sa vie est la constante démonstration de l'immense utilité qu'il y a de tendre à la sainteté, quand on prétend à la science.
Il enseigne formellement à ses disciples ce qu'il
pratique personnellement ainsi. Il leur dit: Ne savez-
vous pas que la moindre intempérance trouble les
fonctions cérébrales; qu'un excès de joie ou de tristesse
fausse le gouvernail de la raison; que toute passion
exagérée est un obstacle à la méditation scientifique;
que les conversations immodérées, les paroles et les
gestes peu mesurés, les mouvements trop multipliés,
empêchent l'esprit de s'appliquer à la recherche du
vrai ? La mortification et la pénitence sont donc
d'excellentes dispositions, pour acquérir la science.
La tempérance et la prudence qui font régner l'ordre
dans notre vie, la force et la justice qui en protègent la
paix contre les troubles du dehors, sont les premières
vertus du savant.
La chasteté surtout est le grand principe purificateur et illuminateur de l'âme. Les seuls regards où elle a mis sa grâce voient loin et clair ; les seuls yeux qu'elle a consacrés peuvent sonder les ombres mystérieuses du sanctuaire où habite le Dieu des sciences. Sans
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elle, nul génie véritable, nulle connaissance complète des plus hautes réalités.
La foi, qui centuple la puissance de la raison, ou plutôt, qui communique à celle-ci les rayons de l'intelligence infinie ; Tespérance, qui fait sans cesse monter vers la sphère éternelle du beau et du bien, lésâmes saintement avides d'une plus intense lumière et d'un plus ardent amour ; la charité, qui trouve dans l'étude le meilleur moyen de s'unir dès la vie présente à son adorable objet, — ces trois vertus essentiellement chrétiennes, se trouvent être également des vertus essentiellement intellectuelles, et pour ainsi dire scientifiques.
A son tour, la science catholique est certainement une source très abondante de sainteté. Comment ne pas vouloir à tout prix posséder la justice, la grâce, la piété, quand on en sait la nature, les privilèges, les récompenses ? Comment ne pas s'attacher de toutes ses forces à Dieu, quand on sait ce qu'il est, ce que le monde n'est pas ? Comment ne pas mépriser les plaisirs et les corruptions du siècle, quand on en sait le néant, les dangers, les châtiments ?
Or, il n'est point de travaux de science et d'érudition, où le savant chrétien ne rencontre fréquemment