‹ Le Docteur angélique, St. Thomas d'AquinChapitre 112 sur 153 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

L'infaillibilité pontificale, définie en 1870 par l'assemblée œcuménique du Vatican, est manifestement contenue déjà dans les ouvrages du Docteur Angélique. Il en faut dire autant des autres propositions affirmées directement ou indirectement par l'Eglise, en matière dogmatique, depuis six cents ans.

Relativement au dogme de l'immaculée conception de la Très Sainte Vierge, il pose en plusieurs endroits des principes qui conduisent nécessairement à la croyance définie par Pie IX en 1854. Ill'exprime même formellement comme sienne en certains passages ; et si, en d'autres, il paraît y contredire ou en douter, des raisons graves ne manquent pas pour l'interpréter dans un sens pleinement orthodoxe, ou pour suspecter l'authenticité des phrases qui font difficulté.

Sa raison est si ferme, si haute, si puissante, quand il l'applique aux données de la foi, qu'on est presque tenté de se demander s'il n'avait pas, des mystères sacrés, l'intuition immédiate et la claire vue qui est cependant réservée aux élus dans le ciel.

Il a écrit, sur la Trinité, sur l'Incarnation, des pages d'une lucidité telle, qu'on dirait des voiles d'une blancheur et d'une transparence idéales, laissant à peine une ombre légère à percer pour arriver jusqu'à la

définitive et totale intelligence de ces adorables réalités.

Sur fa création, et sur les exemplaires éternels dont elle est la pâle copie, il a des théories plus belles et surtout plus solides que celles de Platon ; et il écarte si bien les objections du rationalisme, les sophismes du panthéisme ancien ou moderne, que l'on devrait, de nos jours surtout, en faire une continuelle et sérieuse étude.

Les philosophes les moins bienveillants pour la méthode et la science scolastiques, n'ont pas hésité à proclamer l'incomparable supériorité de sa doctrine touchant les passions et les vertus, les péchés et les vices. Ses observations psychologiques et ses analyses morales sont, en effet, merveilleuses de justesse, de simplicité, de profondeur.

Sa doctrine du droit et du juste, des obligations et des devoirs, des lois et des conseils évangéliques, est d'une netteté, d'une fermeté, d'une ampleur, qu'on n'a pas surpassées si même on a pu les atteindre.

Son traité des sacrements, de l'eucharistie principalement, renferme vraiment autant de miracles et d'oracles que d'articles; et combien les sciences actuelles n'auraient-elles pas à y profiter, si elles s'appli-

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