CHAPITRE QUINZIÈME
quaient d'abord à entendre exactement la terminologie, et ce qu'on pourrait appeler la technologie, de notre cher saint!
On vante beaucoup les travaux bibliques et patrologiquesdes modernes. Je les admire sincèrement; mais ce qui m'étonne bien davantage, c'est la précision et l'habileté avec lesquelles le Docteur d'Aquin a justement choisi, et fortement saisi, dans les Saintes Écritures et dans les Pères, ce qui s'y trouve de plus fondamental et souvent de plus difficile, de plus caché.
Nul n'a mieux compris la pensée du grand saint Augustin, dans les matières de la grâce et de la prédestination. Nul n'a fait mieux sentir la portée des théories métaphysiques de l'Aréopagite.
Quand on s'est éloigné de lui, quand on a cessé d'étudier et de comprendre ses enseignements concernant le naturel et le surnaturel, la raison et la foi, Tévidence et la certitude, on a diminué pour le moins de moitié le domaine delà sainte théologie, et l'on a trop souvent laissé l'ivraie et les broussailles envahir l'autre moitié.
L'amour de la science sacrée en est devenu lui-même rare et languissant : comment aimer ardemment et
cultiver diligemment une région plus semblable à un désert qu'à un champ fertile et riant ? De grands dommages sont résultés de là pour la sainte Église; car, si elle n'a pas rigoureusement besoin de la théologie pour garder et dispenser le trésor de la foi, elle en a cependant besoin pour faire produire à ce capital divin tous les fruits, tous les revenus, dont la Sagesse infinie a voulu qu'il enrichisse le monde.
Le Verbe resplendissant de vérité et de beauté, Jésus notre illuminateur et notre sauveur, « a placé, comme dit le Psalmiste, son tabernacle dans le soleil ; et celui-ci, semblable à l'époux royal qui sort de son palais, s'est élancé, ainsi qu'un géant, pour parcourir sa carrière et remplir l'univers de ses rayons. D'une extrémité de l'horizon il est sorti pour atteindre jusqu'à l'autre extrémité. »
Mais il ne faut pas que dans le monde des âmes la nuit succède jamais au jour. Il ne faut pas que le Soleil Angélique s'abaisse désormais vers l'horizon, ni qu'il permette à l'armée des ennemis du Christ de reformer ses bataillons vaincus, et de tenter, grâce aux ténèbres ou au crépuscule, de ressaisir la victoire qu'elle avait remportée aux temps du paganisme.
Semblable donc à Josué, le savant et puissant