CHAPITRE SEIZIÈME
et saint Paul sont debout auprès du Sauveur, et les Evangélistes à genoux devant lui. Au-dessous, et au centre du tableau, saint Thomas est assis, portant sur la poitrine son mystique soleil. Son manteau noir de dominicain recouvre presque entièrement sa robe blanche, et produit vraiment un effet majestueux. Sur les genoux, il a les trois parties de la Somme Théologique étendues et ouvertes. Des deux mains, il présente au spectateur le volume, également ouvert, de la Somme contre les gentils, et l'on peut aisément en lire les premiers mots. De ces quatre livres admirables jaillissent de toutes parts des rayons lumineux. Aux deux côtés du saint Docteur, et à demi entrés dans la gloire circulaire et radieuse qui l'entoure, Aristote et Platon, debout et attentifs comme d'humbles et obéissants disciples, écoutent avec bonheur les plus hautes leçons de philosophie que la terre ait jamais entendues. Audessous d'Aristote, on lit : Vraiment ce Docteur est la lumière de F Église ; et au-dessous de Platon: lia trouvé toutes les voies de la science, double témoignage rendu par la sagesse antique au plus admirable représentant de la sagesse chrétienne. Sous les pieds de saint Thomas gît misérablement Averroës vaincu, symbolisant la fausse et perfide sagesse, quintessence
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de judaïsme et de gnosticisme, de panthéisme et de mahométisme.
En 1489, dans l'église de Sainte-Marie-siir-Minerve à Rome, Filippino Lippi décora la chapelle consacrée à l'Ange de l'Ecole par le cardinal Olivier Carafa. Le tableau de l'autel représente le saint et le donateur devant la Sainte Vierge. Une fresque latérale nous montre l'approbation donnée par le Crucifix au grand Docteur. Une autre fresque, plus remarquable, a pris le nom de Dispute ow Triomphe de saint Thomas. Au centre d'une composition architecturale de grand style, avec des vues gracieuses sur la ville et sur la campagne, saint Thomas siège sur une tribune élevée, tenant d'une main un livre où se lisent ces mots bibliques : Je détruirai la sagesse des faux sages; et indiquant, de l'autre, Averroës qu'il foule du pied, ainsi que ses livres jetés pêle-mêle à terre. Le sophiste confesse sa défaite par un lambel où on lit: La sagesse vainc la malice, A droite du saint Docteur, la Théologie, couronnée d'un diadème royal, l'acclame d'un geste magnifique; et la Philosophie, munie de livres de saine doctrine, écoute avec respect le plus sublime des métaphysiciens. A gauche, la Prudence, reconnaissable au serpent déroulé sur ses genoux, con-
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