‹ Le Docteur angélique, St. Thomas d'AquinChapitre 13 sur 153 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

apprendre à connaître Dieu ('). Il se retirait même souvent de la compagnie des jeunes nobles, ses compagnons, pour étudier plus à loisir le manuscrit où se trouvaient les rudiments de la science. Dès lors, il était peu empressé aux conversations mondaines, mais plutôt méditatif, taciturne, d'un caractère pieux et recueilli.

Sinibald, étonné de ses progrès rapides, donna au comte et à la comtesse d'Aquin le conseil de l'envoyer de bonne heure à l'université de Naples. Il n'avait encore que dix ans, et pourtant déjà il était suffisamment instruit dans la grammaire; il avait appris un peu de logique; il possédait les premières notions des sciences naturelles.

S'éloignant donc, avec une légitime tristesse, des cloîtres sévères et pourtant si aimables du Mont- Cassin, il passa plusieurs semaines dans sa famille, au château de Lorette ; et, sur la fin de l'année 1235, il fut inscrit au cours de belles-lettres et de dialectique que le docteur Pierre Martin professait à Naples. Il prit sans doute alors, ce qui était facile en Italie,

I. Une pieuse tradition rapporte qu'il commença, dès l'âge de cinq ans, à faire chaque jour deux heures d'oraison. Nous sommes tout à fait disposé à l'admettre, quoique les documents primitifs n'en disent rien.

l8 SAINT THOMAS d'aOUIN.

quelque connaissance de la langue grecque dont nous dirons plus tard qu'il posséda les éléments. Ensuite il étudia la physique, la métaphysique et la morale, à l'école de maître Pierre l'Irlandais.

Son génie et principalement sa sainteté se développèrent merveilleusement pendant ses huit années d'études universitaires. Dans les assemblées que tenaient les écoliers pour s'exercer à l'art de l'enseignement, il ajoutait toujours à la clarté, à la profondeur, à la sublimité, des leçons faites par les professeurs.

L'attrait de son âme pour une vie religieuse mêlée de contemplation et d'action ('), telle que la menaient les dominicains de Naples, le conduisit dans leur maison. Un d'entre eux eut même à son sujet trois visions surnaturelles, où il l'aperçut comme changé en un soleil très lumineux, qui dardait ses rayons jusqu'aux extrémités du monde.

I. La vie bénédictine, telle qu'il la fallait dans les siècles où elle se développa si rapidement et si merveilleusement, était une vie de paix, de silence, de travaux intérieurs. L'action extérieure, si puissante qu'elle pût être, n'était que pour le petit nombre. Il s'agissait alors surtout de bâtir patiemment la chrétienté. Au XI IP siècle, le temps arriva de la grande et magnifique action catholique, avec saint Dominique et saint François.

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