‹ Le Docteur angélique, St. Thomas d'AquinChapitre 134 sur 153 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

lique; et reflétant, mieux que toutes les autres figures, la splendeur qui jaillit de la divine hostie.

Ainsi, dans l'œuvre de Dante, au centre du soleil physique habité par les saints Docteurs, soleils radieux du monde catholique, Thomas d'Aquin, surnommé par la tradition des hautes écoles le Soleil Angélique^ apparaît comme le plus lumineux et le plus illuminateur d'entre eux, si l'on excepte Salomon, auquel sa modestie et sans doute la vérité lui défendent de se comparer.

Avec quelle majesté il présente au poète florentin, à l'ancien étudiant de Paris, les diamants de cette céleste guirlande de soleils : Albert-le-grand, dominicain comme lui ; le très célèbre jurisconsulte et canoniste Gratien, son émule sur le terrain du droit ; l'évêque de Paris, Pierre Lombard, qui déclarait offrir ses admirables Sentences de théologie à l'Église, comme la veuve, louée par le Christ, offrit son obole au Temple de Jérusalem ; le sage des sages, le plus riche des rois, Salomon fils de David, dont la gloire, hélas ! s'est un jour éclipsée pour reparaître, mais purifiée par la pénitence, au milieu des Docteurs ; saint Denis l'aréopagite, le très savant théologien de la Hiérarchie Angélique, le véritable et très digne

précurseur de saint Thomas ; Paul Orose enfin, cet éloquent défenseur de la civilisation chrétienne contre les accusations du paganisme !

Leur science, leur sainteté, leur lumière, leur ^én'ie. à tous, se sont réunis et pour ainsi dire condensés, par le soin de la Providence divine, dans l'intelligence et dans le cœur de saint Thomas d'Aquin ; et ce n'est pas purement une charmante invention poétique, c'est une réalité historique très certaine, que Dante exprime dans le chant que nous allons continuer de traduire. Le Docteur Angélique présente donc au poète la huitième des saintes lumières, le philosophe et martyr Boèce :

Elle voit et possède joyeusement tout bien, L'âme sainte qui, à son lecteur intelligent, Montre clairement la fausseté du monde.

Le corps dont elle fut violemment séparée Repose à Pavie, dans l'église du Ciel d'or ; Et du martyre et de l'exil, elle est venue dans cette paix.

Vois ensuite resplendir les ardents esprits

D'Isidore de Séville, de Bède-le-vénérable, et de Richard,

Le contemplatif vraiment surhumain.

Celui-ci enfin, le douzième, mon voisin de gauche, Est cet esprit lumineux, si grave dans ses pensées, Que l'heure de la mort lui parut tardive.

C'est l'éternelle lumière de Siger,

Qui enseignait à Paris dans la rue du Fouarre,

Et qui écrivit des vérités désagréables aux mondains.

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