‹ Le Docteur angélique, St. Thomas d'AquinChapitre 136 sur 153 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

Mais désobéir aux ordres de ce grand capitaine, mais s'éloigner du chemin ouvert par son génie et consacré par ses exemples, c'est perdre les trésors du ciel pour les misérables apparences d'une richesse fugitive.

A peine le Docteur Angélique avait-il dit ces mots, qu'une nouvelle guirlande de soleils entoure la première. Elle est formée de saint Bonaventure et de ses deux confrères, les franciscains Illuminato et Agostino; du théologien Hugues de Saint- Victor ; de l'historien Pierre Comestor, du philosophe Pierre l'espagnol et du prophète Nathan; de saint Jean Chrysostome et de saint Anselme; du grammairien Donat, de Raban Maur, le glossateur biblique, et de l'abbé Joachim le calabrais. Ces douze soleils ne sont pas tous aussi brillants que ceux de la pléiade thomistique ; et c'est peut-être pour cela que Dante compare leur couronne au second arc-en-ciel que l'on voit quelquefois, plus pâle et presque effacé, refléter les vives couleurs du premier apparu dans le ciel après l'orage. Quoi qu'il en soit, frère Bonaventure,

Excité par l'affectueuse courtoisie

Et par le beau langage de frère Thomas, s'empresse

A louer Dominique, le grand paladin du Christ.

278 SAINT THOMAS d'aQUIN.

A Calahorra naquit ce fîtR-le amant

De la foi chrétienne, ce saint athlète,

Doux aux amis et terrible aux ennemis du Christ.

A peine créée, son Time fut remplie

D'une vertu surnaturelle si vive,

Que sa mère en reçut une grâce prophétique.

Il fut le fleuve sacré, dont les divers ruisseaux Arrosent le jardin du catholicisme, Donnant plus de vie à toutes les,>plantes.

Il fut comme l'une des deux roues

Du char guerrier, sur lequel la sainte Église

Se défendit victorieusement contre des fils rebelles.

Il est facile déjuger de l'excellence

De l'autre roue, François d'Assise, que naguère

Thomas d'Aquin louait si noblement.

Les deux couronnes de célestes soleils reprennent leur mouvement giratoire et, comme dit le poète,

Leur double danse circulaire Autour du point où je me tenais.

Ces bienheureux esprits chantent

Trois Personnes dans la nature divine,

Et deux natures dans la seule Personne du Christ.

Le chant se tait, le mouvement s'arrête, Les saintes lumières nous considèrent.

Heureuses de s'occuper aussi de nous.

Puis, au nom de toutes, celle-là rompit le silence,

Qui m'avait raconté l'admirable vie

De François d'Assise, le pauvret de Dieu.

Et Thomas d'Aquin explique à Dante en quel sens il lui a précédemment dit que Salomon, parmi les enfants des hommes, n'eut pas d'égal en savoir, bien qu'il

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