CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
fût très inférieur au premier Adam et surtout au second, le Christ, en qui sont tous les trésors de la sagesse éternelle. A cette solution, le Docteur Angélique ajoute le conseil d'être fort réfléchi, fort prudent, fort précautionné dans l'étude des questions difficiles et obscures. Il n'y faut pas suivre les préjugés ni les tendances de sentiment :
N'en crois pas dame Berthe et sire Martin,
c'est-à-dire, les contes et opinions populaires ; mais
Juge à la lumière des conseils divins ;
et ainsi tu deviendras véritablement sage à ton tour; ainsi tu seras un disciple digne de moi, et de l'Eglise de Jésus-Christ.
Et alors se tut L'âme glorieuse de frère Thomas d'Aquin.
Gl)apitre î)ijC'l)utttèmc,
Des sages enseignements du Docteur Angélique pour le bon gouvernement des peuples.
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Fiorenza, dentro délia cerchia antica^ OmPella toglie ancora e terza e nona, Si stava in pace^ sobria e pudica.
Dans son antique enceinte, où elle entend sonner encore tierce et none, Florence était en paix, sobre et pudique.
(Dante, Paradis^ ch. XV.)
I^^^^^ES nations deviennent de plus en plus Im^SH rares, qui peuvent encore entendre sonner l^^^^ffii les heures de la prière liturgique aux clochers des vieux monastères; et qui, fidèles aux traditions des ancêtres, gardent la paix, la sobriété, la chasteté, des villes catholiques d'autrefois. En élargissant, comme Florence, leur primitive enceinte, les cités y enferment presque toujours plus de vices que de richesses ; et souvent les sages se voient réduits à pleurer, comme le trisaïeul de Dante, sur les troubles, les excès, les scandales, des nouvelles générations.
De nos jours, le grand et glorieux pape Léon XI 1 1 a voulu substituer l'activité qui sauve,aux lamentations qui découragent; et il a posé les principes d'une réforme sociale qui rendrait aux Etats modernes la paix, la sobriété, l'honneur, de la primitive et chrétienne république de Florence.
Or, ces principes, nous l'avons déjà remarqué en passant, ont été approfondis et mis en pleine lumière par l'Angélique Docteur en maint endroit de ses ouvrages. Il en a particulièrement traité dans ^di Somme Théologique, à propos des vertus sociales ; dans son opuscule sur le Gouvernement des Juif s, 2m sujetde leurs exactions et des impôts dont on pouvait les frapper ; et principalement dans son ouvrage sur le Gouvernement des Princes ym\,ç,rTom^u sans doute par la mort de Hugues II de Lusignan, auquel il était destiné, mais achevé, un peu plus tard, probablement par le dominicain Ptolémée de Lucques.
Saint Thomas se préoccupe avant tout d'une organisation nationale assurant à tous la paix et la liberté. C'est ce qu'on pourrait appeler son économie politique. En voici les bases rationnelles.
— L'homme est fait pour vivre en société ; car il ne pourrait seul pourvoir, même par un travail infatigable, aux multiples nécessités de son existence matérielle et morale.
— 11 n'y a pas de société sans but commun, sans union, sans paix et par conséquent sans gouvernement : l'anarchie est inhumaine au premier chef.
— Le bon gouvernement est celui qui cherche,