‹ Le Docteur angélique, St. Thomas d'AquinChapitre 141 sur 153 · CHAPITRE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIÈME

des dettes de leurs péchés. De même, en effet, que la monnaie est la caution réelle, la représentation des choses qui se vendent ou qui s'achètent, la commune mesure des échanges nécessaires à la vie corporelle, ainsi l'aumône dans la vie spirituelle. L'Esprit divin a dit (Eccl., XVII, 18): L aumône du 7'iche est comme la bourse d'or qu il porte avec soi. Elle me le rendra cher, comme lui est chère à lui-même la pupille de son œil » Le gouvernement aura donc soin d'instituer, selon le vœu de l'Angélique Docteur, une caisse de secours en faveur des pauvres, des orphelins et des veuves, des pèlerins et des étrangers.

Il faut encore, d'après notre cher saint, que les peuples soient eux-mêmes riches, ou du moins dans l'aisance. Rien d'intéressant comme ses prescriptions pour la fondation d'une ville, d'un État.

— On choisira une région tempérée, et d'air salubre : parce qu'on s'y portera mieux, qu'on y vivra plus longtemps, qu'on y aura de meilleurs soldats et de meilleurs citoyens.

— On évitera les lieux humides et marécageux, à moins que la mer ne vienne en purifier les abords à haute marée.

— On bâtira du côté de l'orient ou du nord, et l'on

examinera si les eaux sont pures et les vivres sains.

— « Voyez si les habitants ont de belles couleurs, un corps robuste ; voyez si la population augmente, s'ily a beaucoup de vieillards. Si oui, demeurez là. Que si les corps sont débiles et les physionomies souffreteuses, si les membres sont difformes ou amaigris, si les enfants sont rares et languissants, s'il y a peu de vieillards enfin, fuyez, ce séjour est mortel. »

— On choisira de préférence un lieu riant et agréable, où l'on s'établit plus volontiers, où l'on demeure plus fidèlement, où l'on vit plus longuement. Si donc cela est possible, il y aura des plaines et des vergers, des collines et des forêts, surtout des eaux vives.

— L'excès pourtant serait blâmable : trop de délices diminuent le bon sens, énervent la vertu, affaiblissent le courage militaire, conduisent à la misère, au vol et au brigandage.

— La ville sera peuplée de travailleurs plutôt que de simples trafiquants.

^^ — Le travail, bien ordonné et bien réparti, surtout en plein air, assure la santé et la prospérité, sauvegarde les mœurs, ennoblit et fortifie les caractères^

— Le commerce sans travail amène trop d'étrangers, ébranle les bonnes traditions nationales, déve-

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