‹ Le Docteur angélique, St. Thomas d'AquinChapitre 142 sur 153 · CHAPITRE DIX-HUITIÈME. 29I · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIÈME. 29I

loppe extrêmement l'amour égoïste du gain, amollit les âmes et les corps, favorise les dissensions et les séditions.

— Cependant le négoce est indispensable pour les exportations et importations, sans lesquelles la vie sociale serait souvent impossible.

Récemment nous avons entendu soutenir que le Docteur Angélique inclinait vers le communisme ou le socialisme. Rien de si faux. Il maintient énergiquement l'individualité, non seulement de la famille, mais encore de la propriété.

— L'égalité des biens, et à plus forte raison leur mise en commun, lui paraissent impossibles.

— La société n'existe pas sans l'ordre, ni l'ordre sans inégalité de conditions, sans autorité, sans aristocratie.

— « Quant aux biens extérieurs, dit-il, deux droits appartiennent à l'homme. — D'abord, le droit de se les procurer ou de les transmettre à d'autres ; et sous ce premier rapport, il est licite quel'homme possède en propre. Cela est même nécessaire pour trois raisons : — parce que l'on est plus soucieux de produire ce que l'on aura exclusivement à soi, que ce qui est commun à plusieurs ou à tous ; en effet, naturellement ennemi

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du travail, on laisse volontiers à autrui les tâches communes, ainsi qu'on le remarque où il y a plusieurs serviteurs; — parce que les affaires sont traitées avec plus d'ordre quand chacun en a une part déterminée; au contraire, il y a confusion si chacun doit indistinctement s'occuper de tout l'ensemble; — parce que l'Etat est mieux maintenu en paix, si chacun a la satisfaction d'être propriétaire pour son compte; tandis que les discordes sont fréquentes entre ceux qui possèdent quelque bien en commun et indivisément. — L'autre droit qui appartient à l'homme quant aux choses extérieures, c'est le droit d'en user. Pour celui-ci, il ne faut pas qu'on prétende en jouir seul et solitairement; mais on doit y faire entrer la communauté, en se montrant facile à en faire profiter le prochain, s'il est dans le besoin, suivant cette parole de l'Apôtre (/ Tim., ch. dernier) : Ordonne aux riches de ce monde d^être empressés et généreux à communiquer leurs biens, »

De juifs voleurs et usuriers, saint Thomas n'en voudrait point dans la cité chrétienne. Ils devraient être en perpétuel servage, avec le nécessaire pour vivre. On ne les chargerait pas d'impôts nouveaux, mais on leur ferait rendre ce qu'ils ont acquis par usure. S'ils recommençaient, on les punirait rigoureusement. Il

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