‹ Le Docteur angélique, St. Thomas d'AquinChapitre 145 sur 153 · CHAPITRE DIX-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-NEUVIÈME

« personne ne saurait échapper au rayonnement de sa chaleur. » Astre brillant, astre brûlant, — ce pourrait être sa devise, comme ce fut celle que le saint Précurseur reçut du Christ lui-même.

O très aimable Docteur, dont la bonté envers les petits et les pauvres, la miséricorde envers les errants et les égarés, le dévouement envers son ordre et l'Église Romaine, procédaient d'un incomparable amour envers Dieu !

O très humble Docteur, qui interrogé sur la raison de son profond silence devant maître Albert-legrand, répondait avec une modestie charmante : « Je ne sais pas encore parler d'une façon digne d'un tel interlocuteur; » et qui subissait, sans le moindre froissement d'humeur, les attaques et les injustices de l'envie!

O très pur Docteur, dont le désintéressement et l'esprit de pauvreté se reflètent tout entiers dans cette parole: « Non, même malade, je n'ai absolument besoin de rien, car bientôt je posséderai dans le ciel, je l'espère, le Bien suprême et infini! »

O très suave Docteur, dont François de Sales, qui s'y entendait si bien, a écrit : « Saint Thomas d'Aquinl... le plus grand Docteur qui ait jamais été.

Il était vierge, et la plus douce et humble âme qu'on saurait dire! »

Qu'il est aisé de s'enflammer d'admiration et d'enthousiasme pour lui ! Qu'il est précieux de l'avoir pour modèle et pour maître dans l'exercice des vertus chrétiennes, sacerdotales, religieuses ! Qu'il est bon de consacrer sa vie, comme il l'a fait, au culte de la divine Sagesse et à l'amour de la très sainte Eucharistie!

Une dévotion complète envers l'Ange de l'École ne va point sans l'imitation de sa grande pureté, de sa prudence et de sa fermeté dans les tentations, de sa vigilante et constante mortification extérieure ou intérieure, de son perpétuel recours à la prière, enfin de sa religieuse confiance dans la ceinture mystérieuse qui lui avait été imposée par les anges ses frères, et dont le fac-similé, bénit et indulgencié, est si vivement recommandé, de nos jours encore, par la sainte Eglise.

La louange de la lumière peut-elle consister en autre chose, que dans le reflet de cette lumière même ? Le soleil peut-il être autrement honoré, que par le rejaillissement de ses rayons ? La miraculeuse chasteté de saint Thomas peut-elle être honorée

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