CHAPITRE QUATRIÈME. 5I
Bonaventure, interrogé un jour par Thomas d'Aquin sur les livres qu'il consultait davantage, lui avait montré son Crucifix et sa Bible : « Voilà mes deux sources sacrées pour la prédication, l'enseignement et la composition.» Saint Thomas aurait pu lui répondre que lui aussi estimait le Crucifix par dessus toute bibliothèque humaine.
Appelés ensemble au concile de Lyon, ils devaient mourir à quatre mois de distance, l'un avant et l'autre pendant cette assemblée. Aussi, la postérité n'a-t-elle point consenti à désunir leurs noms. Les poètes dans leurs chants, les artistes dans leurs peintures et sculptures, l'Église romaine dans ses actes solennels, se sont plu à les considérer comme deux rayons parallèles d'une seule et très simple lumière, qui est la Sagesse infinie.