CHAPITRE SIXIÈME
relies. — Le témoin, interrogé sur le temps de cette conversation, a répondu qu'il y a treize ans ; sur le mois, il a dit que ce fut en septembre; sur le jour,il a déclaré ne s'en point souvenir. Interrogé sur ceux qui l'entendirent, il a cité frère Pierre de Mantoue et plusieurs autres, dont il a dit ne pas se rappeler les noms. Interrogé sur le lieu où cela s'est passé, il a dit que ce fut en l'île de Chypre, au couvent de Nicosie, dans les écoles du couvent ('). »
Le souverain pontife, apprenant chaque jour à estimer davantage son maître du sacré-palais, lui confia la tâche de préparer le retour des grecs, et autres orientaux schismatiques, à l'unité romaine. Il lui remit pour cela un petit recueil de textes plus ou moins fidèlement empruntés aux Pères de ces lointaines Églises. Thomas d'Aquin n'était pas pleinement satisfait de ce canevas où il soupçonnait diverses erreurs, sans pouvoir cependant les redresser, faute de documents suffisants pour le nombre et l'authenticité. Néanmoins il s'efforça de tirer parti de cette compilation, en éclaircissant les passages qui paraissaient opposés à la foi, et en montrant que cet ensemble de textes était
I. Procès de canonisation, (/>W/., t. cit., p. 708), séance du samedi 4 août 13 19.
d'accord avec la doctrine constante du Saint Siège. Ainsi se trouvèrent réfutées les hérésies, les prétentions orgueilleuses, les fourberies, des successeurs de Nestorius, d'Eutychès et de Photius. Ainsi se trouva faite, pour les siècles futurs, pour notre âge notamment, une des plus puissantes démonstrations de la primauté et de l'infaillibilité des successeurs de saint Pierre.
Hélas ! pourquoi l'auteur de cet utile écrit devait-il bientôt disparaître, au moment même où sa connaissance approfondie de la philosophie et de la théologie grecques, sa dialectique très supérieure aux arguties des byzantins, son éclatante sainteté et son auréole de Docteur, allaient si bien servir les intérêts de l'union de l'orient et de l'occident, au concile oecuménique de Lyon ?
Puisse-t-il du moins aujourd'hui, du haut du ciel, bénir et seconder, par son intercession puissante, les efforts tentés en ce moment même pour renverser les barrières qui séparent tant de millions de chrétiens orientaux du centre spirituel, où ils retrouveraient la plénitude de leur foi et la fécondité de leurs antiques Eglises ! C'est surtout par un Congrès Eucharistique tenu à Jérusalem en cette année 1893, que le glorieux