‹ Le Docteur angélique, St. Thomas d'AquinChapitre 41 sur 153 · CHAPITRE SIXIÈME. 8l · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME. 8l

du monde chrétien ; et ses réponses, assez mal désignées sous le nom à! Opuscules, puisque beaucoup sont de vrais ouvrages, allaient porter la lumière dans toutes les universités, dans toutes les églises, dans toutes les écoles.

Les condisciples du saint Docteur avaient eu autrefois les prémices de cette surprenante fécondité ; plusieurs de ses frères en religion, surtout frère Raynald, frère Sylvestre, et Jean de Verceil son maître-général, en bénéficièrent. Le lecteur ou professeur biblique de la cathédrale de Venise, celui de Besançon, le prévôt du chapitre de Louvain, le grand-chantre de la cathédrale d'Antioche, l'archidiacre de Trente, maître Phih'ppe et maître Jacques théologiens de Burgos, l'archevêque de Palerme, un chevalier d'audelà des monts, et bien d'autres personnages encore, puisèrent abondamment au trésor de sa doctrine. A l'un, il adressait un Abrégé de théologie ; à un autre, un traité Contre les grecs, les arméniens et les sarrasins ; à celui-ci, une explication des Articles de la foi et des sacrements de T Église ;2l celui-là, une exposition du Symbole des apôtres, ou de F Oraison Dominicale et de la Salutation Angélique ; à d'autres encore, de savants traités sur les hautes questions de la psychologie, sur

la connaissance intellectuelle divine et humaine, sur le destin, sur la possibilité d'un monde que Dieu eût créé de toute éternité, enfin sur divers problèmes de philosophie, chimique.

Il ne négligeait pas davantage de satisfaire aux questions qu'il recevait touchant les textes du droit canonique, l'astrologie, et même la physiologie. A une duchesse de Brabant ('), il traçait les règles à garder à l'endroit des juifs de ses états, pour les faire contribuer aux charges publiques sans encourager ni absoudre équivalemment leurs usures. Au roi de Chypre, Hugues II de Lusignan, il dédiait un livre excellent sur le Gouvernement des p^nnces ; malheureusement, la mort prématurée du jeune monarque ne lui permit point d'en profiter (^), et nous priva nous-mêmes de la suite que le saint Docteur eût probablement donnée à

1. Cette princesse était, selon toute vraisemblance, Alix ou Adélaïde de Bourgogne, femme de Henri III, duc de Brabant, laquelle gouverna de 1261 à 1267, et fut enterrée près de son époux, dans l'église des dominicains de Louvain dont ils étaient tous deux les grands amis et bienfaiteurs. Alix eut pour belle-fille Marguerite, fille de S. Louis et femme du duc Jean I de Brabant ; et pour fille, Marie de Brabant qui épousa Philippe-le-hardi, roi de France ; mais ces deux jeunes princesses n'ont pas personnellement gouverné le duché, et ce n'est pas à l'une d'elles que S. Thomas a dû écrire sa lettre.

2. Hugues II mourut en 1267, à l'âge d'environ 14 ans. On pourrait penser aussi, avec quelque probabilité, que le traité de S. Thomas fut adressé à Hugues III, roi de Chypre en 1267 et de Jérusalem en 1279.

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