‹ Le Docteur angélique, St. Thomas d'AquinChapitre 46 sur 153 · CHAPITRE SIXIÈME. 9I · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME. 9I

une lettre également reçue dans la ville d'Aquin. Puis il discute les paroles de saint Grégoire et promet d'envoyer, s'il le faut, de nouveaux éclaircissements. Il finit par les compliments de frère Raynald.

Le retour du Docteur Angélique en France était un nouvel acte de renoncement aux biens et dignités de la terre : car le pape Clément IV lui avait récemment adressé une bulle de promotion à l'archevêché de Naples, lui attribuant en même temps, sinon pour lui, du moins pour sa famille appauvrie au service du Saint-Siège, les ressources temporelles du monastère des chanoines réguliers de Saint- Pierre ad aram. Mais ce double bienfait avait encore trouvé le saint Docteur invincible dans son amour de la pauvreté ; et toute sa réponse avait été de supplier le souverain pontife d'oublier à jamais son nom qui n'était bon, selon lui, qu'à être enseveli dans le profond silence du cloître.

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Gl)apitre septième.

De la grande et bienfaisante influence du Docteur Angélique à l'université de Paris et à la cour de France.

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Cos) coin' io del suo raggio iiiaccendo^ S), riguardando nella lace eterna, Li tuoi pensieri onde cagioni, apprendo.

Le regard fixé sur la lumière éternelle, je m'enflamme à son divin rayon, et j'y vois vos pensées et leurs causes. (Dante, Paradis^ ch. XI.)

AI NT Thomas s'était embarqué sur la Méditerranée et faisait voile vers les

^ .-- g côtes de la Provence, quand une terrible

tempête assaillit le vaisseau qu'il montait. Mais son absolue confiance en Dieu le rendait supérieur à tous les dangers ; et s'il avait quelque souci en mer, comme naguère en son couvent d'Anagni, c'était pour la vie des autres et non pour la sienne. Les matelots, incapables de tenir contre l'orage, étaient désespérés et hors de sens ; lui seul gardait son habituelle tranquillité. Au milieu des ouragans et des tonnerres, il se munissait, selon sa coutume, du signe sacré de la croix, disant : « Un Dieu s'est incarné pour nous ; un Dieu est mort pour nous. » Enfin le vent tomba, et l'on put aborder en France.

L'université de Paris fut singulièrement heureuse de revoir ce docteur, qui déjà l'avait tant honorée par

s. Thomas d'Aquin. -

ses écrits et ses leçons. L'opinion publique exigea pour ainsi dire qu'il ne s'éloignât plus du couvent de Saint - Jacques ; et de fait, sur la fin de l'automne de 1269, il y reprit la direction des écoles dominicaines. On l'admira de nouveau dans les solennelles disputes théologiques où il excellait. Les questions qu'il proposa, et qu'il soutint publiquement pendant les deux années de sa régence, sont relatives aux Vertus, à l'origine et à la notion du Mal, à \ Union du Verbe divin avec la nature humaine. Peut-être aussi commença-t-il en ce même temps son Abrégé de théologie, à l'usage de son fidèle compagnon, le jeune frère Raynald de Piperno.

Il fit alors aussi, ou du moins il compléta ses Commentaires sur la Logique et la Météorologie d'Aristote, facilitant de cette manière l'utile introduction de ces ouvrages dans l'enseignement catholique, d'où le Saint Siège les avait écartés, à cause des dangers que présentaient leurs mauvaises traductions et leurs gloses juives ou arabes, bien plus mauvaises encore.

Quelque puissance et quelque hardiesse qu'il eût à se frayer des voies auparavant inconnues, et bientôt après fréquentées par tous les docteurs catholiques, saint Thomas avait cependant un tendre respect pour

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