‹ Le Docteur angélique, St. Thomas d'AquinChapitre 57 sur 153 · CHAPITRE HUITlfeMIÎ. II · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITlfeMIÎ. II

était assez fréquemment obligé de demeurer dans sa chambre, étendu sur un lit misérable, comme son divin Maître sur la croix. Un jeune religieux, frère Bonfils de Naples, était désigné pour le servir, et se faisait quelquefois remplacer auprès de^ lui par son propre frère, encore petit enfant. Un jour que celui-ci était de garde, il vit une étoile très lumineuse, et de la largeur de la fenêtre, entrer tout à coup dans la cellule, s'arrêter un peu de temps au-dessus de la tête du Docteur, et s'éloigner ensuite pour disparaître. « Cet enfant, dit Guillaume de Tocco, a survécu jusqu'à ce jour dans une forte et bonne vieillesse ; il a raconté ce prodige aux inquisiteurs chargés du procès de canonisation ; il en a déposé ; et il a affirmé la vérité de ses dires, sous la foi du serment. »

Frère Raynald rapportait aussi que la bienheureuse vierge Marie, glorieuse Mère de Dieu, apparaissant à saint Thomas, l'avait assuré de la sainteté de sa vie aussi bien que de la solidité de sa science. C'est l'Ange de l'École lui-même qui, peu de jours avant sa mort, révéla ce fait à son disciple, afin de le consoler et de le porter à glorifier Dieu. Il ajouta qu'il avait obtenu tout ce qu'il avait jamais demandé par l'intercession de Marie, notamment la grâce de ne point changer

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d'état, et de ne point quitter l'ordre dominicain. « Étant lui-même vierge et très pur, dit encore le biographe Guillaume de Tocco, son âme et son corps étant également candides, comme ses confesseurs l'ont très nettement déclaré, on est tout naturellement porté à croire que la Sainte Vierge lui obtint de son divin Fils cette science singulière et ce lis d'innocence, toujours immaculé, qui ont fait de lui le docteur de Marie. Car cette pieuse Mère, cette femme forte par excellence, ne se contente pas de visiter les célestes phalanges ; elle daigne aussi accorder aux pèlerins de la terre la consolation de sa présence ; assise sur un trône royal auprès de Jésus son Fils, elle ne dédaigne pas de regarder ce bas monde d'où elle est montée si haut ('). »

I. « Novit autem illa fortissima mulierum, mater pia, non solum intra cœlorum ordines discurrere, sed dignatur etiam peregrinantibus suae praesentiae solatium non negare, quas unde ascendit semper respicit et tamen juxta Filinm regina considet. Quae pie creditur doctori suo singularem illam scientiam a Filio impetrasse quam petiit cum puritatis lilio, quod sicut immaculatum Deo obtulit sic servavit, » (G. de Tocco, ap. BolL, /. cit.^ p. 670.) Cette dévotion de S. Thomas pour la Sainte Vierge, et les témoignages de pleine orthodoxie que le Saint Siège lui a si souvent donnés, indiquent assez que sa doctrine sur l'Immaculée Conception n'a rien de contraire à l'enseignement de l'Église, si on sait l'entendre d'après les vrais principes de l'École et l'accorder avec elle-même. {Cf. Gaude, Spada, Perrone, Cornoldi, etc.)

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