‹ Le Docteur angélique, St. Thomas d'AquinChapitre 61 sur 153 · CHAPITRE HUITIÈME. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME. I

vole ou de pure récréation ; mais toutes lui étaient imposées par la charité, par le zèle du salut des âmes, ou par le commandement de ses supérieurs.

Ses derniers travaux théologiques, en 1273, furent le traité de l'Eucharistie et une partie de celui de la Pénitence, que l'on trouve dans la Somme. Son dernier écrit de philosophie, au rapport de Guillaume de Tocco, qui l'y avait vu lui-même occupé, fut un Commentaire sur le livre d'Aristote de la Génération et de la Corruption.

Théologien et philosophe jusqu'à la fin ; tenant d'une main le chef-d'œuvre de la raison, Aristote, et de l'autre celui de la foi, la Somme ; alliant l'antiquité grecque et la tradition catholique ; poursuivant avec ardeur de nouveaux progrès, sans rien perdre des conquêtes du passé, — Thomas d' Aquin terminait sa vie d'étude et de contemplation, revêtu, comme le soleil de Naples à son déclin, d'un manteau de splendeur et de gloire, et conservant jusqu'au soir la fraîcheur et la pureté d'une aurore virginale.

Saint Thomas d' Aquin.

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(Fresque de Fra Angelico, d'après une ancienne gravure.)

Gl)apttre neutjtème

Des traits principaux du Docteur Angélique, au physique et au moral.

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Mi masse la infiamtnata cartes ia, Difra Totnniaso, e il discreto latino.

Ce qui m'a ému, c'est l'ardeur, c'est la courtoisie de frère Thomas, et son infinie distinction de langage.

(Dante, Paradis^ ch. XII.)

VANT que disparaisse du monde l'Ange de rÉcole, réunissons les principaux traits i de sa grande figure ; et formons-en une miniature, qui certainement devrait être peinte avec plus de talent, mais qui ne le serait pas facilement avec plus d'amour, Les historiens de saint Thomas, et surtout les témoins qui déposèrent dans son procès de canonisation, nous fourniront ici encore de nombreux et précieux éléments.

Le Docteur Angélique, disent-ils, était d'une très haute et très droite stature, image parfaite de la rectitude et de l'élévation de son âme. Il était d'assez o^rosse taille. Son teint était pâle, d'une nuance légèrement brune et qui rappelait, dit naïvement un contemporain, la couleur du pain de froment. Il avait la tête large, bien dessinée, et le front très accentué. Il était un peu chauve. Il avait une complexion délicate à l'excès,

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un tempérament extrêmement impressionnable ; et pour qu'il pût montrer tant d'énergie dans les persécutions, dans les périls des voyages, dans les travaux pénibles du professorat,dans les exercices de la prière et de la pénite^nce, il fallait que sa volonté dominât complètement, et pour ainsi dire à miracle, ses sens et ses nerfs que le moindre accident extérieur blessait douloureusement. Mais, en réalité, son corps était entièrement soumis à l'esprit, et ses sensations à la volonté (').

On sait après quelles victoires il avait mérité d'être revêtu, par les anges, d'une ceinture de chasteté.Cette grâce divine et la continuelle vigilance qu'il s'imposa pour y correspondre, ses jeûnes, ses oraisons, sa fuite du monde, sa crainte constante de se trouver en des occasions de péché, lui assurèrent le privilège d'une

I. Le docte abbé Uccelli, qui s'est beaucoup occupé des portraits et des autographes de S. Thomas, soupçonnait, d'après divers indices, que le grand Docteur était myope. — Un chirurgien distingué, à la suite d'un examen malheureusement incomplet qu'il a essayé de faire de la tête du saint, conservée à Toulouse, nous dit avoir été frappé de sa conformation d'apparence extraordinaire. Nous souhaiterions que toutes facilités pussent être accordées à la science, pour déterminer avec précision tout ce qui touche à une si précieuse et si importante relique. — Une certaine tradition populaire, qui exagère manifestement la corpulence de S. Thomas, n'est confirmée, que nous sachions, par aucun document contemporain.

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