‹ Le Docteur angélique, St. Thomas d'AquinChapitre 65 sur 153 · CHAPITRE NEUVIÈME. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME. I

complir en lui, particulièrement celui-ci : ce n'était pas aux forces naturelles de son génie, mais au mérite de sa prière, qu'il devait cette science merveilleuse par laquelle il s'est élevé au-dessus de tous les autres docteurs. Car, chaque fois qu'il voulait étudier, discuter, professer ou écrire, il recourait premièrement à la contemplation, et demandait avec larmes la grâce d'entendre exactement les mystères de la révélation divine. Or, l'efficacité de son oraison était si grande, qu'il découvrait toujours avec certitude ce qui lui paraissait auparavant douteux et incertain. Une nouvelle difficulté surgissait-elle pendant son travail, il s'adressait encore à l'oracle de la prière, et toute obscurité disparaissait miraculeusement. Ainsi, la raison et le cœur s'aidaient mutuellement en lui : la volonté obtenait pour l'intelligence la pénétration des vérités sacrées ; et l'intelligence, éclairée par la lumière du ciel, enflammait la volonté d'un plus ardent amour. »

Le protonotaire du royaume de Sicile, Barthélémy de Capoue, entendit le même frère Raynald affirmer, sur la toute-puissance de Dieu et sur l'honneur de son ordre, que frère Thomas d'Aquin, rencontrant des points douteux, allait prier devant l'autel avec beaucoup de larmes et de grands gémissements ; et qu'en-

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suite rentré dans sa chambre, il continuait très facilement ses sublimes écrits.

Nous avons l'inestimable avantage de posséder aujourd'hui encore le texte de plusieurs de ses prières, notamment de celles qu'il avait composées en vue de l'étude et du travail scientifique. Le Saint Siège en a enrichi plusieurs de précieuses indulgences, dans ces dernières années ; et non seulement les savants, mais encore les simples fidèles, trouvent de plus en plus un goût très vif, une très douce consolation, à prier comme priait ce grand homme et ce grand saint.

La postérité ne s'est donc pas trompée en décernant à Thomas d'Aquin, savant de par Dieu, le titre ^ Ange de r Ecole et de Docteur Angélique. C'est de Dieu même, c'est directement par l'infusion du Saint- Esprit, c'est par une immédiate communication de la science des anges, qu'il reçut en son âme tant de lumière et de savoir. A la manière des purs esprits, il voit plutôt qu'il ne raisonne. Il entend plus qu'il n'argumente. Il saisit d'un seul regard la vérité en ellemême, au lieu de la découvrir par des efforts multipliés, et de la déterminer péniblement en la déduisant de ses causes ou de ses effets. Il est plus intuitif c[uç, discursif, pour emprunter le langage de son temps. Il a plus

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