‹ Le Docteur angélique, St. Thomas d'AquinChapitre 76 sur 153 · Chapitre on5ième · texte numérisé non relu

Chapitre on5ième

Des événements qui suivirent la mort du Docteur Angélique et qui fondèrent son culte.

Dès que l'âme glorieuse de Thomas rentra dans le silence, la ressemblance de son langage avec celui de Béatrice décida celle-ci à faire entendre au monde la plus sublime théologie.

(Dante, Paradis, ch. XIV.)

U moment où Thomas d'Aquin passait des ombres de la vie mortelle aux splendeurs de la vision béatifique, l'aurore éclairait de ses premiers rayons la cime des montagnes qui avoisinent Fossa-Nuova. Le sous-prieur de l'abbaye, dom Jean de Ferentino, depuis longtemps privé de la vue, se faisait amener aux pieds du Docteur Angélique pour les baiser dévotement, comme faisaient les autres moines ; puis, appliquant ses yeux malades sur ceux du saint que la mort venait de fermer, il recouvrait soudain la lumière.

Un religieux qui priait dans l'église, et qui s'y était endormi, voyait en songe une étoile brillante tomber sur le monastère et remonter ensuite vers le ciel, accompagnée de deux autres qui semblaient la conduire et lui faire un cortège d'honneur.Se réveillant au bruit

...S) corne si tacque La gloriosa vita di Tonunaso, Per la siniHiiiuiine che nacqtie

Del suoparlare e di quel di Béatrice, A cui sï cominciar, dopohii piacque.

l6o SAINT THOMAS d'aQUIN.

de la crécelle funèbre qui annonçait le trépas du Docteur Angélique ('), il s'expliquait aussitôt le sens de sa vision. En même temps, une flamme extraordinaire qu'on avait vue briller pendant les trois nuits précédentes au-dessus du couvent, s'éteignait pour ne plus reparaître.

Les funérailles se firent avec une extraordinaire solennité. L'évêque franciscain de Terracine et de Piperno présida, entouré de frères de son ordre, de cisterciens, de dominicains venus de toutes parts. La noblesse de la campagne romaine y fut présente, ainsi qu'une foule immense attirée par l'éclat des vertus de saint Thomas plus encore que par la gloire de sa famille.

La comtesse Françoise de Maënza et deux de ses amies avec elle, ne pouvant pénétrer dans l'intérieur du cloître, obtinrent du moins que l'on apporterait jusque sur le seuil la dépouille sacrée de l'Ange de l'École ; en l'apercevant, elles poussèrent des cris de douleur qui brisaient l'âme des assistants.

La tradition, suivie par Guillaume de Tocco et conforme d'ailleurs à une multitude de faits miraculeux

I. « Cum evigilasset a somno, audiens pulsare tabulam, signum obitus doctoris.» (G. de Tocco ap. Boll., /. cit,^ p. 677.)

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