CHAPITRE DOUZIÈME. l8l
Jean XXII disait encore : « Il a fait autant de miracles qu'il a composé d'articles ; » parole fameuse que le cardinal Casanate devait rappeler plus tard, en inscrivant cette sentence dans la bibliothèque de la Minerve àRome : «En vain liriez-vous tous les livres, si vous ne lisez Thomas d'Aquin ; et si vous le lisez seul, c'est assez ; il vous suffit. »
Urbain V déclare que « ce très saint Docteur a revêtu d'un style très agréable les plus magnifiques pensées. » Il veut donc que son corps soit déposé en un lieu aussi beau et aussi élégant que possible ; et c'est pourquoi il choisit la vaste et splendide église des dominicains de Toulouse, dans une contrée, ajoute-t-il, « égale aux plus religieuses par la piété ». Deux de ses bulles, datées de la sixième année de son pontificat, proclament saint Thomas « un Docteur excellent dont les enseignements éloquents, toujours lucides et salutaires, toujours fécondés par la grâce céleste, fidèles échos des leçons de saint Augustin, ont rempli de clarté l'université de Paris et l'Église entière, expliqué bien des énigmes de l'Ecriture Sainte, résolu bien des doutes, délié une foule de nœuds inextricables, et dissipé quantité de nuages et de ténèbres. »
Clément VIII, dans un bref à la ville de Naples, vante « l'ordre et la netteté de ses écrits si nom-
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breux, si variés, et néanmoins exempts d'erreurs. »
Paul V l'appelle <i un très splendide athlète de la foi catholique ; » et sa doctrine, « un bouclier par lequel l'Eglise militante repousse heureusement tous les traits des hérétiques ».
Saint Pie V lui décerne le titre liturgique de Docteur ; et désormais, dans les saints mystères, jusqu'à la fin du monde, on implorera « la grâce de comprendre son enseignement et d'imiter ses vertus» (').
Les conciles, celui de Trente surtout, ont environné d'honneur sa mémoire et ses livres ; même ils lui ont emprunté plus d'une fois, pour leurs définitions souveraines, les expressions énergiques, les lumineuses formules, les expositions profondes, où il a particulièrement excellé.
Cette estime, cette dévotion, ces louanges de l'Eglise, ont été celles de l'Europe pendant de longs siècles ; et l'on peut dire que dans le monde chrétien toutes les âmes se nourrissaient des doctrines de saint Thomas, comme les convives d'un festin royal.
I. Oraison de la messe de S. Thomas. — La bulle originale de saint Pie V est précieusement conservée à Naples, dans un reliquaire appartenant à l'église de Saint-Dominique-majeur ; et le 7 mars, jour de la fête de saint Thomas, on l'expose dans la magnifique chapelle du Crucifix^ de ce Crucifix qui approuva miraculeusement les écrits du grand Docteur.