‹ Le Docteur angélique, St. Thomas d'AquinChapitre 96 sur 153 · CHAPITRE DOUZIÈME. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME. I

de Douai, de Toulouse, de Louvain, de Padoue, de Bologne, de Naples et de Coïmbre. De là enfin les témoignages et les éloges des papes, des conciles, des ennemis de l'Église eux-mêmes.

VIII. Aussi faut-il tenir pour téméraires ceux qui ont refusé d'honorer, à l'exemple de nos ancêtres, la doctrine des philosophes scolastiques et surtout celle de saint Thomas d'Aquin ; d'autant que la méthode philosophique introduite au XVI I^ siècle, en grande partie sous l'influence des protestants, a favorisé le doute et l'erreur, et empêché l'accroissement des sciences humaines, qui certes n'avaient absolument rien à gagner à la manie prétentieuse et si commune, même parmi les écrivains catholiques, de chercher la nouveauté plutôt que la vérité, la singularité plutôt que la justesse des pensées.

IX. A coup sûr,ce blâme n'atteint pas les esprits sincères et vraiment érudits qui essaient de contribuer, par leurs recherches et par un juste emploi des découvertes récentes, à augmenter le patrimoine de la philosophie traditionnelle. Qu'ils prennent garde pourtant de se renfermer dans ce genre d'occupation qui, après tout, est secondaire. Que les théologiens euxmêmes, en accordant une grande importance à l'érudi-

tion, sachent bien qu'il est plus nécessaire encore de cultiver la science sacrée à la manière grave et profonde des scolastiques. Ils sont donc à louer hautement, ces savants, ces évêques, si appliqués depuis quelques années à la restauration des doctrines philosophiques de saint Thomas. Que tous les imitent, et soient assurés de répondre ainsi au désir le plus cher du Souverain Pontife. A ses yeux, en effet, le Docteur Angélique est le maître le plus capable de donner une véritable solidité morale et intellectuelle à la jeunesse de notre temps, à la jeunesse ecclésiastique principalement; il est l'apologiste le plus apte à réconcilier avec la foi catholique les esprits égarés par les préjugés d'une fausse raison ; il est le meilleur interprète des lois fondamentales de toute société bien ordonnée ; il est le représentant le plus autorisé de la métaphysique, dont toutes les autres sciences, même les sciences physiques et naturelles, sont nécessairementtributaires, — l'expérience et la raison démontrant qu'aussi bien que les arts libéraux elles prospèrent et fleurissent davantage, à mesure que la philosophie progresse en élévation et en clarté. Soutenir le contraire, et prétendre que la scolastique nuit au développement des sciences naturelles, c'est pure injustice et complète ignorance.

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