‹ Le Docteur angélique, St. Thomas d'AquinChapitre 98 sur 153 · CHAPITRE DOUZIÈME. ' I · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME. ' I

moyens, les résultats immédiats, sont certainement à méditer et à mettre en relief, surout dans les écoles de théologie.

Rien de plus grand ne se peut concevoir. Le pape, recueillant pour ainsi dire dans ses bras la raison humaine blessée à mort par le scepticisme ou par le matérialisme, et devenue incapable, en cet état, de se conduire elle-même, ou de recevoir la lumière de la foi contre laquelle elle s'est mise follement en rébellion déclarée; le pape, pour sauvegarder les droits méconnus et violés de la révélation, exerçant son pouvoir indirect sur la philosophie elle-même, et lui traçant, au nom de l'Église et de Dieu, des lois qu'elle ne saurait transgresser sans se condamner à périr ; le pape, arrêtant tout-à-coup le torrent impur que les hellénistes et les novateurs du XVI^ siècle, les critiques et les philosophes du XVIIe et du XVII P, avaient déchaîné sur le terrain de la science, de la morale et des arts ; le pape remontant plus haut encore, et séparant d'une main qui ne sait pas trembler, parce que Dieu la guide, la lumière d'avec les ténèbres, le vrai d'avec le faux, le solide d'avec le bizarre et l'incohérent, non seulement dans la période du moyen âge, mais aussi dans celle des écoles épiscopales et jusque dans l'antiquité

païenne, puis nous montrant la Somme Théologique comme le vrai code de la raison et de la sagesse humaines, conviant tous les philosophes à cette étude, imposant à tous les théologiens cette méthode, indiquant au monde entier où il retrouvera les bases logiques et morales de sa tranquillité depuis si longtemps troublée, de sa stabilité si dangereusement rompue ; le pape enfin, sûr d'être obéi, sûr de vaincre, sûr de dompter toutes les audaces et de guérir toutes les plaies de la philosophie moderne, — en vérité quel événement et quel spectale ! Les définitions dogmatiques sont seules plus grandes et plus solennelles; et encore l'encyclique du 4 août 1879 renferme-t-elle une abondante série d'enseignements que nul catholique sincère ne se refusera jamais, tant que le monde puisse subsister de siècles, à révérer comme la règle définitive de sa pensée et de sa méthode.

Oui, nous enseignerons votre philosophie et votre théologie, ô admirable auteur des deux Sommes et des Commentaires sur Aristote et Pierre Lombard. Oui, nous renouerons le fil des traditions brisées, et nous rétablirons ces canaux rompus qui autrefois transmettaient d'âge en âge la sève de votre science et de votre vertu, comme les aqueducs de la campagne

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