‹ Le Docteur angélique, St. Thomas d'AquinChapitre 99 sur 153 · CHAPITRE DOUZIÈME. 20I · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME. 20I

romaine coupés par les barbares d'Attila et reconstruits par la munificence des papes. Oui, nous appliquerons à ce siècle malade, à ces générations affaiblies qu'il fournit à l'Église et à la patrie, le céleste remède contenu dans vos écrits ; et grâce à vous, il y aura encore des intelligences lumineuses et des cœurs fermes. L'étude de votre vie, la lecture de vos œuvres, la considération des malheurs présents, nous avaient déjà persuadés que vous seriez l'angélique médecin, le Raphaël de nos esprits languissants. La voix infaillible de Pierre a complété notre conviction et notre espoir; nous sommes sans hésitation sur la cause du mal et sur le principe de la guérison. Bèze et Bucer avaient bien prophétisé : l'oubli total de votre doctrine eût ruiné l'Eglise si elle pouvait être renversée. Un oubli partiel avait diminué la solidité de ses remparts et de ses temples. Un plein retour à votre enseignement, ô Docteur admirable, consolidera les assises ébranlées et couronnera les murs inachevés. Avec votre appui et votre lumière, la papauté achèvera l'œuvre de civilisation naturelle, de sanctification surnaturelle, dont Jésus- Christ l'a chargée : et si elle ne peut, à cause de l'infirmité et de la malice humaines, la consommer ici-bas, elle la consommera dans le ciel, en même temps que

Dieu donnera à votre Somme Théologiqice son dernier et éternel Supplément^ dans la claire vue des mystères que nous croyons et confessons ici-bas !

Trois mois ne s'étaient pas encore écoulés depuis la publication de l'encyclique ^/^r/// Patris, et déjà elle avait excité la plus vive émotion dans l'Eglise entière. Des lettres particulières, des adresses collectives, avaient exprimé à Léon XIII la reconnaissance de l'épiscopat et des hommes de sciçnce, en même temps que leur soumission absolue à ses ordres ou à ses désirs. Les universités catholiques, les académies de philosophie et de théologie, avaient salué, dans le grand acte du 4 août 1879, la fin d'une période de ténèbres et de maux, le commencement d'une nouvelle ère de paix et de lumière. Ils avaient reconnu, avec le Pape lui-même, que le moyen assuré d'échapper aux périls imminents qui font trembler le monde, est un retour sincère à la philosophie catholique.

Le 15 octobre suivant, le Souverain Pontife constatait cette unanime adhésion à ses vues, et il s'en félicitait hautement, dans une lettre adressée au cardinal de Luca, évêque de Palestrina et préfet de la Sacrée Congrégation des Etudes. Il précisait de nouveau sa pensée sur la nature de la philosophie

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