‹ Le Docteur Gustave Bouchereau ... 1835-1900Chapitre 10 sur 11 · M. LE D' MOTET · texte numérisé non relu

M. LE D' MOTET

A LA Société de médecine légale

Messieurs,

J’ai le regret de vous faire part d’un nouveau deuil. La Société de médecine légale a perdu, le 21 février, l’im de ses Vice-Présidents, M. le D" Bouchereau. La nouvelle m’est parvenue trop tard pour que je pusse vous prévenir, et, seul, j’ai eu l’honneur de représenter la Socie'té de Médecine légale aux obsèques de notre regretté collègue. J’apporte ici, Messieurs, un respectueux hommage à la mémoire de celui que vous aviez jugé digne de la Vice-Présidence.

M. le D'' Bouchereau était entouré par nous des plus vives, des plus sincères sympathies. Nous savions tous ce qui se cachait, chez lui, sous des dehors modestes, de vraie science, de droiture, de fermeté de caractère. C’était un homme d’une rare valeur ; il avait l’esprit très fin et très juste, et en même temps une prudence, une réserve consommées. Dans les Expertises medico-légales qui lui ont été confiées, il apportait ces qualités supérieures, doublées de l’expérience d’un clinicien habile. Aussi ses conclusions étaient-elles hautement appréciées par les magistrats, et s’il l’eût voulu, on les lui eût demandées plus souvent. Mais, il ne cherchait pas à se produire. Il avait fait sa vie très simple, mais toujours utile, toujours occupée. Sans bruit, il faisait tout son devoir, avec la dignité de l’honnête homme auquel le témoignage de sa conscience suffit.

Mêlé dans sa jeunesse à un mouvement politique des plus actifs, ayant acquis une légitime influence, il eût pu facilement se placer aux premiers rangs. Il ne le voulut pas, et préféra se donner tout entier aux malades de son service.

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