DIXIEME EPISODE
Dins el verger, cantant los aucells a l'alba, doen al solitari intelligencia d'amor. Al fin los aucells el cant, l’amic defalleix d’amors, i es aqueix defalliment son major delit i sa dolçor inefable.
{Dans le verger, les oiseaux chantant à l'aube donhént au solitaire l'intelligence d'amour. Après que les oiseaux onî chanté, l'Ami défaille d'amour, et celte défaillance est son plus grand délice et sa douceur ineffable.)
(Ramôn Lui, AmMic e Amal, v. 26.) |
Deux semaines après les fêtes de la Résurrection, Ramôn Lull rentrait à Palma. Un concours de peuplé l’avait accueilli aux premières maisons de la ville ét, afin de bien montrer à tous qu’il revenait vaillant et fort, à ce moment, il était descendu de la voiture pour parcourir à pied le chemin jusqu’à sa maison, au milieu d’une grande allégtesse. Il se sentait heureux du jugément de Dieu qui, èn
décidant la mort volontaire d’Ali, le Samedi saint, tranchait à merveille le plus angoissant des cas de conscience. Îl rapportait la paix dans son cœur et, pour la première fois, paraissait, aux yeux des Palmasans, revêtu de l’habit monastique. Non que, de fait, il fût moine, puisque son état conjugal y mettait obstacle, mais, par licence particulière, il portait enfin la robe, la corde et la croix.
En marchant vers sa demeure, il entra dans deux églises. Nombre de gens l’y suivirent. C'était un dimanche. Les femmes, parées de bien frivoles atours jusque dans les saints lieux, l’affligèrent beaucoup. Au fond de sa retraite, tout en étudiant théologie et philosophie, il avait longuement songé à la dépravation de son temps, à la frivolité qui amoindrissait la morale des chrétiens. Trop de pointes de dentelles très bas attachées sur les seins, trop de cheveux nattés dans le dos, trop de fichus et d’écharpes, aux voyantes couleurs,. le blessaient cruellement, et bien plus que le fer du pitoyable Ali. Sa prière sollicitait Dieu autant pour les enfants de la vraie foi que pour les Infidèles. Ce n’était pas seulement ces derniers qu’il fallait convertir, mais les autres, ceux qui oubliaient, jusqu'aux tables de la communion, la pudeur et la modestie, à la grande irritation des prêtres et des évêques.
« L’œuvre du bien m'attend partout, se désolait-il, et le ciel me donnât-il un siècle de vie, je n’y pourrai suffire. Il me faut rappeler mes frères et mes sœurs à la raison. I] me faut hâter le moment où je courrai exhorter les égarés de l'Islam. La charge qui m'est remise est trop lourde pour mes faibles bras. »
Et puis, une constante inquiétude le harcelait. Il bénissait le sort qui lui avait accordé une femme
si douce, des enfants si beaux, des biens si abondants. Mais il tremblait devant cet amer dilemme : méconnaître ses devoirs de chef de foyer en servant les fins du Créateur, trahir sa mission d” « appeleur à Dieu » en souscrivant, vigilant père de famille, à ses obligations profanes. Comment concilier le ciel et la terre ? Lorsque en pesant affectueusement ses. paroles, il confessait, sur ce point, toute sa perplexité à Dona Bianca, elle pleurait et remettait la solution d’un si ardu problème à la sagesse du Grand Arbitre.
Bien des fois, Lull, tiraillé entre le matériel et le spirituel, cherchait appui près des hommes de sain jugement. À ce banquier Renouardi que, déjà, il avait chargé d’encaisser une partie de ses revenus, il soumettait le cas subtil. Mais il n’en recevait que des réponses vagues. Au notaire Pere (1) de Callidis, il réclamait voies et moyers pour se libérer des
soucis dérivants de ses biens temporels, mais s’en-
tendait rappeler qu’en ces sortes d’affaires, on ne saurait agir équitablement que selon soi-même. Mateu Garcerandi, cousin de sa femme, et bien que riche de bon sens, l’écoutait en hochant la tête et le laissait indécis. Il n’était point jusqu'aux dames de la Pénitence, de Sainte-Marguerite, de Sainte- Claire, jusqu'aux frères mineurs et prêcheurs que Ramén n’allât consulter, sans oublier ses chers amis cisterciens de la Réal. Tous compatissaient à son embarras, mais s’en tenaient à abandonner au temps la meilleure détermination.
Dans cette incertitude, le pieux mayorquin ne cessait de crier vers Dieu : « Iluminez-moi, en sorte que je devienne l’instrument perfectif et parfait ! »
(1) Pierre.
Il insistait dans ses prières de jour et de nuit, épouvanté à la pensée d’être prêt trop tard. Les événements qui se déroulaient dans le monde le pressaient d’agir. Bien des malheurs fondaient sur la chrétienté. Depuis le moment où, en 1268, le pape Clément IV avait en vain appelé l’Europe pour recouvrer la Terre Sainte, depuis l’aventure héroïque mais si infortunée du noble roi Jayme 1° qui, parti, croisé, avec une flotte, s 'était vu jeter au rivage par la tempête, les chrétiens de Palestine avaient continué à subir de grands désastres. Quelle heure eût été mieux choisie pour passer la mer, et, par parole et science, ailer persuader les Infidèles !
Mais, hélas ! il fallait la science pour manier
la parole, et Lull ne la possédait point. Quelque
effort qu’il fît, il n’acquérait qu’avec lenteur. S'il entendait à souhait l’arabe et le latin, s’il accumulait, dans son Livre des Contemplations, les enseigne-
ments qu'il croyait les plus utiles aux hommes, que
n’ignorait-il pas de ce qui arme le théologien et cuirasse le philosophe, pour mener la guerre contre les casuistes de l’erreur, pour réduire en pièces Alfarabi, Averrhoës et Avicenne, les Djarabites,
les Haschavites, les Sifadites, Gazzali et toute
l’aberration islamique ! Avidement, il dévorait, en d’interminables veilles, la nourriture des livres, mais c'était pour y engager de nouvelles batailles, contre les fausses doctrines des païens antiques, contre les mensonges des Nestoriens, contre les « catégories » d’Aristote. « Tout apprendre pour tout oublier, tout démolir pour tout reconstruire ! Voilà ma tâche, gémissait-il, dans sa basse chambre de Palma ou sous les arceaux du cloître, à la Réal. Les années passent. J'ai quarante-deux ans. Je devrais déjà être reparti me prosterner devant Gré-
Ph
goire X (1). Et je ne sais rien, rien ! Et je lis à la porte de toutes les églises : Limosna para la terra santa de Jerusalem (2) et l’aumône que j’offre, mon Dieu, c’est tout mon cœur, qui ne bat que pour Vous et qui, pour Vous, saignera s’il Vous plaît. Envoyez-moi bien vite la toute-connaissance pour que je regagne les jours perdus et Vous serve comme je le désire, avant le dernier de ceux que Vous me compterez. »
Au printemps de 1274, sans rien résoudre touchant ses intérêts, laissant ses biens à l'abandon tout en se promettant d’y faire, parfois, de courts et indispensables séjours, Lull, du consentement de sa femme, établit que, pour travailler plus près de Dieu, au miliéu d’une solitude conseillère, loin des rumeurs d’en bas, il irait tenter une longue retraite dans son domaine de Randa. Sur ce sommet désert, il demanderait, à la méditation la plus concentrée, la Règle et le Compas de sa vie. De là, il regarderait les horizons de la terre et de son âme. Audessus des cités, des plaines, des forêts et de l’étendue marine, il respirerait l’air pur, celui que cherche, très haut, l’alouette musicierine. Rien ne lui serait cause de troublé, parmi les pierres, dans son imaginaire couvent sous le ciel, et s’il n’y réussissait point à construire son œuvre, c’est que le prudent Ramôén de Penyafort, mort seulement depuis deux saisons dans sa quatre-vingt-dix-
(1) Pape de 1271 à 1276.
(2) Aumône pour la terre sainte de Jérusalem.
huitième année, s'était trompé sur le destin du néophyte.
Is partirent, à cheval, son vieux serviteur et lui, un matin d'avril, avant même que la chère maisonnée se fût éveillée. La route était longue et parfois montante. Dans le firmament sans nuages, un soleil déjà peu clément aux voyageurs dépassa la crête d’un coteau, alors qu’ils se trouvaient encore à courte distance de Palma. Mais le chemin se boidait souvent de beaux arbres chargés d’opulentes ramures et les cavaliers, tout en allant bon train, devisaient, n’ayant souci de la chaleur ni de la poussière, sans que le maître retournât jamais la tête vers ce qu'il laissait derrière lui. Lull, tout en promettant de redescendre souvent de sa montagne, remettait sa compagne et ses petits à la fidèle garde de Francesch, sans préjudice du soin de se rendre à l’improviste, sur les biens de Manacor de Montuiri et de Pollenza, pour y constater, près des cautionnés, la sage administration en tous détails. Puis, il décrivait, en une anticipation réjouie, l’existence de recueillement et de paix dont il jouirait bientôt. Il louait le divin Sauveur de lui avoir conseillé l’acte, sage à tous égards, d’un éloignement momentané, à la façon des ermites. Sur le mont de Randa, il disposerait d’une demeure bien humble, faite jadis de fragments de rocs et qu’habillait une végétation grimpante. Il cultiverait un jardin étroit et fort pierreux, mais qui, par ses produits, contribuerait à sa subsistance. Quant au reste, il savait bien que ses paysans ne le laisseraient manquer de rien et que, s’il advenait qu'il fût malade, il s’en trouverait cinquante pour un, qui graviraient les pentes et viendraient se tenir à son chevet. Il irait, chaque dimanche, rene la Sainte
D M A 2 9 Ed EE es someone canon cn annuel -
Messe au monastère des Honorats, de l’autre côté de la vallée, et la promenade lui serait salutaire. Peut-être creuserait-il, près de son nid aérien, une grotte de dimension modeste, mais où, pour-ses oraisons, il serait à l’abri du vent et de la pluie, non moins que le Crucifix qu’il entendait y dresser
tout d’abord. Quel homme au monde pouvait espérer
plus de bonheur et donner un meilleur emploi à son temps de vivre ?
Alors que commençaient à se rallonger les ombres méridiennes, ils atteignirent la bourgade d’Algaïda. Ramén fit observer à son ami Francesch que c'était là un nom conservé du temps de l’occupation arabe et qu’il y avait un bon présage dans le fait que, de ce lieu, le futur conquérant des âmes mauresques, rejoindrait la cime où la toute-lumière de Dieu l’éclairerait. Après avoir prié au-dessus du vin et du pain, ils partagèrent une frugale collation et puis, le serviteur tenant les chevaux par la bride, s’en furent, à pied, sur le chemin insensiblement relevé, jusqu’au point où s’y amorçait le sentier accessible aux seuls mulets, aux chèvres et aux hommes pourvus de bons jarrets.
Là, et tout impatient qu’il fût de toucher le terme de sa route, Lull céda à la demande de son compagnon. On lui objectait que le jour était bien chaud encore, que la terre fumait sous le ciel impi-
toyable, et que la montée, à cette heure pesante,
serait bien pénible, parmi les cailloux roulants. Le Maître en convint et dit : « Nous prierons donc encore, jusqu’au déclin avancé. N'est-ce point la digne façon de nous réunir avant de nous séparer ? » Ils s’agenouillèrent, l’un près de l’autre, sur l’herbe et la poussière blanche. Au loin, une cloche tintait, mais d’un accent si atténué que l’on se sentait bien
distant des plaisirs et des douleurs du monde. Et ils requirent pieusement, par versets et répons, pendant longtemps, tous les consentements de la Providence au projet qu'entreprendrait tout à l'heure l’un des plus dévoués serviteurs de la Foi.
Enfin, et comme le moment n’était plus éloigné où chacun suivrait sa voie, Messire Ramén eut la pensée bien opportune de se souvenir qu’en ce 7 avril était célébrée la fête de Saint-Aphraate, solitaire du quatrième siècle.
— « Qu'il me bénisse, lui aussi, s’écria-t-il, séduit par une coïncidence où il voyait encore le doigt de Dieu: Comme moi, et mille fois mieux que moi, ce Persan, dès son enfance, avait senti les extravagances de l’idolâtrie et admiré la sagesse de notre religion. Son grand désir d’arriver à la perfection le fit quitter sa patrie, renoncer à ses richesses, et chercher un endroit favorable à ses desseins. Retiré en Mésopotamie, près de la ville d’Edèse, il s’y enferma dans un petit logement et y accabla son corps d’austérités. Chacun le venait consulter sur les moyens de la sanctification. Il dut se retirer dans le territoire d’Antioche pour y mener une vie plus inconnue. Mais l’empereur Valens faisant souffrir la persécution aux chrétiens, il fut lui reprocher de favoriser l'erreur. Et retourné vers sa solitude, il mourut ce septième d’avril, dans la sainteté. Seigneur, qui avez baigné Saint Aphraate dans la clarté de votre Evangile, et qui lui avez inspiré une pratique si fidèle, faites qu’à son imitation, nos œuvres répondent à la pureté de notre vœu. » |
Alors, les deux hommes se donnèrent. une fraternelle accolade; Ramôn Lull, détachant, contre la selle de son cheval, un fort bâton bosselé de
nœuds, bénit son serviteur après avoir caressé les bêtes, et puis, marchant résolument sur son ombre, il s'engagea dans la sente roide... En bas, au bord du chemin, Francçesch, le bras passé entre les licous, regardait son Maître et, jusqu’à ce qu’un tournant le dérobât à sa vue, pleurant comme un enfant, il essuyait des larmes sur sa joue...
À l’heure où le soleil, déjà glissé derrière les monts, ne laissait plus dans l’espace qu’un immense semis de roses, celui qui venait y rechercher les ravissements de l’ascétisme mit le pied sur le plateau déchiqueté qui, au faîte de la Randa et sur un large côté coupé en falaises à pic, domine des gouffres vertigineux, des campagnes de toutes parts, presque toute l’île de Mayorque et l'infini de la mer. L’air restait, ce jour-la, si limpide, si parfaitement épuré, que l’œil pouvait distinguer non seulement la mosaïique illimitée des plaines vertes comme l’espérance, Palma, Inca, Porreras, Santany, Felanitx, Petra, Manacor, Sineu, vingt villes, cent villages, les montagnes vers Miramar, mais encore, sur les eaux, flottant comme des buées violettes, l’île de Minorque, celles de Cabrera et d’Ivitza. La « Maîtresse et Dame Nature » se montrait là dans sa plus émerveillante beauté et Lull, profondément sensible à un si émouvant tableau du monde créé, y reconnaissait, en une exaltation joyeuse, le plus magnifique temple où parfaire l’intime communication avec le Créateur, pour qui a rompu tout commerce avec les créatures. Ïl criait son enchantement vers la mer,
mobile comme son esprit, et confessait tout bas son allégresse à la montagne, robuste comme ses propos. La petite maison n'était pas de celles que l’on clôt de cadenas et de serrures. Il n’eut qu’à en pousser la porte pour qu’elle s’ouvrît devant lui. Un misérable mobilier, depuis bien des années, attendait là le visiteur. [1 y mit un peu d’ordre et de propreté avant d’y attacher sur le mur une croix de bois qu’il avait pris soin d’apporter. Puis, ayant dit sous ce toit sa première action de grâces, il ressortit, s’assura que la source proche débitait, comme autrefois, son eau perlée de globules diamantés, prépara son repas en empruntant aux baies des buissons. Un peu de pain qui restait en son bagage vaudrait, pour l’ermite, toutes les victuailles d’un festin. | - Et lorsqu'il eut secoué les miettes sur sa robe, il s’éloigna de la pierre où il avait mangé et considéra encore la splendeur de la nuit commençante. A l’époque, la déraison des hommes d’aujourd’hui, grands pilleurs de forêts, n’avait pas inspiré, aux Mayorquins, ce massacre d’arbres, qui, au grand dam de l’amateur de beaux sites, concourt maintenant à dépouiller de leur parure la plus décorative, les abords du Santuario de Nuestra Señora de Cura (1). Des fourrés épais, des frondaisons innombrables se massaient et moutonnaient comme une toison continue, depuis les hautes pentes jusqu’à la vallée, et il en était de même pour les montagnes voisines, sur la robuste chaîne qui, murant obliquement une section du paysage, semblait partir du bourg de Randa pour aller se couder au-dessus des
(1) Mare-de-Deu de Cura, monastère construit à l'endroit où se trouvait l’ermitage de Lull (Fransiscains). Her
prairies de Lluchmayor, importante cité dont, à cette heure, le pélerin passionné voyait trembler les lumières au loin. Sur le tapis déclinant des cimes de tamarins, de peupliers-trembles, de coudriers, de lauriers-tins, sur les buissons de prunelliers, de lentisques et de millepertuis, la lune ‘promenait son large pinceau qui argentait les contours partout où elle ne ménageait pas des profondeurs d’ombre où palpitait un indigo foncé, tel un sombre velours qui ferait contraste à de délicates broderies. Dans la silencieuse sérénité des choses, toute semblable à la paix des sphères célestes, la source diligente prolongeait, de son bruit de cristal, la chanson du dernier oiseau endormi. Et, rayant l’azur compact, se frayant hardiment passage entre les constellations, du zénith à l’horizon, maintenant encerclé de brumes, d’instant en instant, des étoiles filantes traçaient la signature de Dieu.
Les genoux tremblants, la gorge contractée par une insurmontable émotion, les paumes moites de sueur comme s’il se voyait à l’agonie d’une fin toujours si désirée, tendant au ciel, en une oblation extasiée, toute son âme que soulevait le plus désintéressé des amours, le disciple de Jésus-Christ adora Dieu le père : « O Vous, glorieux Artiste qui avez ciselé ce joyau pour le jeter dans le champ de l’univers, divin inventeur de la coccinelle et du soleil, créateur des coloris et des formes, de tout ce que nous voyons et de tout ce que nous ne voyons pas, de tout ce que nous entendons et de tout ce que nous n’entendons pas, Maître de la saveur et du parfum, Donateur de la sensation, Vous qui proportionnez les délices à l’homme sur la terre, à laigle sous le nuage, à l’ange sur les avenues de
Votre Paradis, Vous qui, cette nuit, par tant de
spléndeurs harmonisées, faites sangloter les démons eux-mêmes, soÿez béni dans la suite des siècles et dans la multitude des mondes ! Amoureux Seigneur ! Ïl est surprenant que ma stupidité ait été si grande, Car je pensais à la parole des rois et des frivoles, et me confiais beaucoup plus à elle qu’à la Vôtre ! Est-il vrai que j'aie pu la louer davantage ? Est-il vrai que je n’aie pas plus tôt tendu l'oreille vers Votre glorieuse musique et ouvert les paupières sur Vos éblouissants chefs-d’œuvre ? Ah ! que j'étais méprisable ! »