‹ Le docteur LabieChapitre 2 sur 33 · DE CETTE NOUVELLE ÉDITION · texte numérisé non relu

DE CETTE NOUVELLE ÉDITION

E bon accueil que Ton a fait, il y a quatre P*^ ans, à notre petit volume Le Docteur Labrie est une preuve évidente que le public canadien n'est pas indifférent aux gloires du passé. De toutes parts nous sont venues des félicitations pour avoir fait revivre cet « oublié de notre histoire », ce « bon patriote d'autrefois », et mis en relief une vie, des travaux et des mérites qui n'étaient pas généralement connus. Notre édition a été enlevée en peu de temps.

A tous nos fidèles souscripteurs, à tous les amis qui nous ont encouragé de leurs bonnes paroles, nous tenons à exprimer ici notre sincère reconnaissance.

Entre les nombreux témoignages de sympathie que nous avons reçus, il en est un, d'une spontanéité évidente, qui nous a été particuliè-

rement agréable. Enfant comme nous du comté de Bellechasse, qu'il représente si dignement à la législature, l'honorable M. Turgeon s'est réjoui de faire connaissance avec le docteur Labrie, cette gloire du pays natal ; il s'est senti attiré vers lui par l'affinité des idées et des sentiments, par la conformité de ses goûts pour les choses de l'esprit, « celles qui comptent réellement dans la vie (*)», avec ceux de notre illustre compatriote. Aussi, à peine eutil parcouru notre petit volume, qu'il voulut bien nous écrire :

<( Cher monsieur l'abbé, j'ai lu votre beau livre Le Docteur Labrie pendant la soirée, tout d'un trait ; et je ne veux pas me coucher sans vous écrire combien j'ai été vraiment remué. Voilà le genre d'ouvrage qu'il faut répandre dans les écoles pour apprendre à l'enfant les choses du passé, le culte des grands ancêtres, et lui donner l'amour de la terre canadienne.

« Je confesse mon ignorance. Je connaissais

(x) Le président Roosevelt, cité par René Bazin dans Questions littéraires et sociales \ p. 234.

à peine Labrie de nom, mais rien de son rôle comme éducateur, et rien surtout de ce grand ouvrage d'histoire qu'une mort prématurée l'a empêché de publier. Et dire que c'était un homme de chez nous L . .

<c Comme vous, j'ai admiré cette page de Thierry, que vous avez si heureusement appliquée aux victimes de la bataille de Saint- Eustache. Pauvres jeunes gens, tous au-dessous de trente ans, à l'exception de Chénier !

« Enfin, mon cher abbé, tous mes remerciements. J'ai passé une soirée délicieuse, et vous m'avez donné la plus douce et la plus sainte des émotions, l'émotion patriotique (x) ! »

Encouragé par ces nobles paroles, et par beaucoup d'autres, non moins flatteuses, qui nous ont été adressées avec une égale sincérité, nous avons résolu de donner au public une nouvelle édition, encore plus complète, de notre livre. De nouvelles recherches nous ont procuré quelques pièces inédites qui feront ressortir encore davantage le caractère et les travaux de Labrie. Il nous a semblé, de plus,

(i) Lettre de l'honorable Adélard Turgeon à l'auteur, Québec, 17 juin 1903.

qu'en sa qualité d'historien le docteur Labrie méritait que l'on groupât autour de son nom les œuvres et les hommes de son époque, et qu'à son occasion l'on fît un peu l'histoire du Canada de son temps. Le lecteur qui parcourera cette nouvelle édition avouera, croyonsnous, que ce n'est pas par une simple formule banale que nous l'avons appelée « revue et augmentée. »

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