‹ Le docteur Labrie [microforme]Chapitre 4 sur 9 · LL · texte numérisé non relu

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inspiraient à tout le monde une confiance sans borne ; son cœur était ouvert à toutes les infortunes, et l’on se sentait attiré vers lui par ses bons procédés et la douceur de son caractère.

“Sa grande probité, dit le Dr Tessier, l'avait rendu l'arbitre de tous les différends ; son extrême équité fut toujours un substitut à la justice des tribunaux. Revêtu de pouvoirs judiciaires, un reproche de sa bouche était un amer châtiment ; en un mot, le Dr Labrie ne cessa jamais d’être, dans toute l'étendue de son comté, le pro-

-tecteur des faibles, le consolateur des affi-

gés, le père de tous.

& Qu'il me soit permis d’ajouter, continue-t-il, qu’à tant de vertus civiles, le Dr Labrie se fit toujours un noble orgueil de joindre la pratique de toutes les vertus religieuses et de tous les devoirs que l’Eglise prescrit à ses enfants. ”

“TI a toujours été en bons termes avec tous ses curés”, m'écrit l'abbé Guyon, curé actuel de Saïint-Eustache, Il fut leur bras droit, et les aida dans tout ce qui pouvait procurer l'avancement matériel et intellectuel du peuple.

À cette époque où tant de choses étaient à créer dans le Bas-Canada, ce qui faisait défaut, en beaucoup d’endroits, c'était les chemins de colonisation. Fils du peuple, lui-même, élevé dans un humble village, le Dr Labrie comprenait les besoins du peuple; aussi fit-1l de grands sacrifices pour venir à son secours. “ La plus sévère économie n'existait dans sa maison, dit le

Dr Tessier, que pour en appliquer les

épargnes à l’ouverture et à l'entretien de communications pour l'avantage du pu-

blic, et au secours des pauvres ”.

Mais c'était surtout une bonne organisation scolaire qui faisait défaut aux Canadiens-français. Ils ne voulaient point de l’Institution Royale, qui ne leur offrait ancune garantie pour leur langue et leur religion. Il fallait venir à leur secours, il fallait leur procurer cette éducation dont ils avaient besoin, et qw’ils ne demandaient pas mieux que de recevoir, pourvu qu’elle fût conforme à leurs principes religieux, comme l’a si bien dit le Dr Meilleur.

Aussi, de quelle générosité, de quel dé-

vouement on fut alors témoin de la part de l'élite de la classe éclairée du pays |!

Ah ! le beau réveil de l’éducation, parmi les Canadiens-français, dans le premier quart de ce dix-neuvième siècle! Y eut-il jamais rien de comparable dans aucun pays du monde ? Quand on songe que, dans la période de 1804 à 1827, il n’y eut pas moins de cinq collèges classiques qui virent le jour parmi nous, des collèges parfaitement constitués, dont au moins quatre sont encore pleins de vie : le séminaire de Nicolet, le séminaire de Saint- Hyacinthe, le séminaire de Sainte-Thérèse, le collège de Sainte-Anne !

Et remarquons que tout cela se fondait, s'élevait, par la seule-initiative privée ; les secours de l'Etat ne vinrent que plus tard :

c'était une éclosion pour ainsi dire spontanée de la riche nature du sol.

En même temps, on créait des bibliothèques dans un grand nombre de paroisses ; et dans les villes la génération de l'époque n'avait presque rien à envier à celle Phare nns : à Montréal, Denis-

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