‹ Le docteur Michel SarrazinChapitre 12 sur 13 · POUR SERVIE À L'HISTOIRE DE LA SCIENCE EN CANADA · texte numérisé non relu

POUR SERVIE À L'HISTOIRE DE LA SCIENCE EN CANADA

fiques de Sarrazin par ses observations sur l'érable à sucre. Ce sont toujours les mémoires de l'Académie Eoyale des Sciences que nous reproduisons, année 1^30 :

" M. Sarrazin, médecin de Québec, correspondant de l'Académie, a trouvé dans l'Amérique Septentrionale quatre espèces d'érables qu'il a envoyées au Jardin Eoyal, après leur avoir imposé des noms. La quatrième qu'il appelle Acer canadense sacchariferum, fructu minori, D. Sarrazin, est un arbre qui s'élève de 60 à 80 pieds, dont la sève qui monte depuis les premiers jours d'avril jusqu'à la moitié de mai est assez souvent sucrée, ainsi que l'ont aisément reconnu les sauvages et les français. On fait à l'arbre une ouverture d'où, elle sort dans un vase qui la reçoit, et en la laissant évaporer, on a environ la vingtième partie de son poids, qui est de véritable sucre propre à être employé en confitures, etc. Un de ces arbres qui aura 3 ou 4 pieds de circonférence, donnera dans un printemps, sans rien perdre de sa vigueur, 60 à 80 livres de sucre. Si on en voulait tirer davantage, comme on le pourrait, il est bien clair qu'on affaiblirait l'arbre, et qu'on avancerait sa vieillesse.

" Cette sève pour être sucrée demande des circonstances singulières, qu'on ne devinerait pas, et que M. Sarrazin a remarquées par ses expériences. 1°. Il faut que dans le temps qu'on la tire, le pied de l'arbre soit couvert de neige, et il y en faudrait apporter, s'il n'y en avait pas. 2°. Il faut qu'ensuite cette neige soit fondue par le soleil et non par un air doux. 3°. Il faut qu'il ait gelé la nuit précédente. Cette espèce de manipulation, dont la nature se sert pour faire le sucre d'érable, ressemble à quelques opérations de chimie, où l'on fait des choses qui paraissent opposées, où celles qui paraissent le plus semblables ne sont pas équivalentes pour l'effet.

" Encore une remarque curieuse de M. Sarrazin, c'est que la sève de tel érable qui ne sera point bonne à faire du sucre, le deviendra une demi-heure, ou tout au plus une heure après que de la neige, dont on aura couvert le pied de l'arbre, aura commencé à fondre. Cette neige s'est donc portée dans les tuyaux de l'érable, et y a opéré avec une grande vitesse.

" M. Sarrazin dit aussi que Vapocynum majus, syriacum, rectum, com. 90. fournit un suc dont on fait du sucre en Canada. On amasse la rosée qui se trouve dans le fond des fleurs."

Nous ne savons si ces divers avancés de Sarrazin seraient endossés par les fabricants de sucre d'érable. Toutefois ils méritent d'être pris en considération. D'autant plus que la science, sauf le travail du Dr Gauthier, n'a jamais fait de recherches suivies sur l'élaboration et la composition de la sève de l'érable aux premiers jours du printemps. Il y a plus d'un siècle et demi, on en savait aussi long que maintenant sur la sève sucrée de Vacer saccharinum.

Quant au suc de Vapocynum dont parle Sarrazin, nous avouons ingénument que c'est complètement du nouveau pour nous. Nous n'avons jamais rien observé de semblable. Dans tous les cas, ce ne peut-être qu'une manière excessivement précaire et restreinte de se procurer du sucre pour confitures, sirops, etc., comme dit Sarrazin.

Vers la fin de sa vie, M. Sarrazin sembla avoir élargi le cercle de ses études. Il écrivait de Québec, le 10 octobre 1*732, une lettre que l'on trouve dans les mémoires de Trévoux de l'année 1*736, dans laquelle il parle des eaux minérales du Cap de la Madeleine. Il avait examiné ces eaux sur l'ordre de l'intendant Hocquart et en avait déterminé la nature par les procédés chimiques rudimentaires qui étaient seuls connus à cette époque. Tout en tenant compte des maigres ressources qu'offrait alors la chimie, on ne

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