PAULINE, LE NOTAIRE
PAULINE, tenant un papier.
L'évaluation que vous avez faite de mes biens me parait juste et raisonnable; soumettez cet acte de vente à M. Barbantane, et si la valeur donnée par vous à l’habitation de la Reynerie ne lui semble pas exagérée, qu’il signe ce soir... et, dès demain, M. Barbantane sera ici chez lui. Pour hâter la conclusion de cette affaire, j’abaisserais, s’il le fallait, le chiffre que vous avez posé ; ce
3 ue je désire, ce que je veux , c’est que tout se termine aùjour- ’hui.
LE NOTAIRE
Vous voyez, Mademoiselle, quel empressement j’ai mis à remplir les instructions que vous m’avez données... promettez, maintenant, à un vieil ami de votre famille de vous demander encore une fois si la résolution que vous avez prise n'est pas trop irréfléchie... Vendre cette habitation sur laquelle vous êtes née, où vous avez été chérie, heureuse 1
PAULINE
Et où je suis maintenant orpheline et seule... Mon cher Monsieur Morand, ma détermination est irrévocable... (Elle sonne, un valet parait.) Cherchez Lia et dites-lqi que je l’attends. (Le valet s’incline et sort.)
LE NOTAIRE
Vous êtes bien troublée... que se passe-t-il donc en vous?.... Pourquoi n’ai-je plus votre confiance ?
PAULINE
Pardonnez-moi, mon ami., cette confiance, dont vous êtes toujours digne, je l’ai mise tout entière en Dieu... C’est lui qui m’inspire et me guide... A ce soir, n’est-ce pas t... Jjj vous attendrai....
LE NOTAIRE
Je me rends chez M. Barbantane; mais c’est avec douleur, je le répète, Mademoiselle, que je verrai passer en d'autres mains cette habitation, ces biens si noblement acquis par votre père , et qu’il avait, avec tant de bonheur , légués à son enfant. (Il salue, et sort par le fond. Au meme instant entre Lia par la même porte, et, voyant sa maUresse reveuse , elle vient se mettre à genoux près d’elle, et lui prend la main qu’elle porte à ses lèvres.)