LIA, PAULINE
PAULINE
Lia, je t’ai fait appeler... Tu vas te rendre chez l’abbé Landry. Il attend cette lettre, que tu vas lui porter... [Elle lui remet une lettre). Tu l’amèneras comme hier, et tu le feras entrer dans mon oratoire, où j’irai le joindre aussitôt que tu m’auras annoncé son arrivée. [Lia baisse la tête.) Eh! quoi! Lia, encore des larmes!..
LIA
Oh! maîtresse! ces larmes sont toutes de reconnaissance et de bonheur...
PAULINE
Oh! laisse-moi voir ta joie...
LIA
Cette joie serait de la folie... mais j’ose à peine être gaie en ta présence...
PAULINE
Pourquoi donc? Lia...
LIA
Parce que je retrouve en toi, maltresse, la pauvre Lia d’autrefois... Oui, à ton tour, tu es silencieuse, tu pleures et tu caches tes larmes... Tiens, depuis ce jour où Roger te remit froide et glacée dans mes bras... on dirait que le mal qui me tuait s'est glissé dans ton ame... Oh! bonne et chère maUresse... si tu as môme douleur que Lia, as-tu donc même secret?. .. (.4 ce moment on frappe à la porte de droite.)
PAULINE , surprise , à part.
C’est lui I
LIA
Qui a frappé ?
PAULINE, vivement.
Laisse-moi seule à présent... et cours chez l’abbé Landry
qu’il se hâte. .
LIA
Oui, maltresse... U part, et étonnée.) Q ui donc est la?... etque se passe-t-il ici ?.. [Elle sort par la gauche.)