‹ Le Docteur noir, drame en 7 actesChapitre 47 sur 63 · FABIEN, PAULINE · texte numérisé non relu

FABIEN, PAULINE

FABIEN

Oui... esclave à Bourbon l... ici... valeU

PAULINE , ô demi-voix et d'un ton suppliant.

Mais cet esclave... ce valet. ...c'est mon époux et mon amant'... Pour Dieu qui le connaît et pour moi qui l'aime, il est grand, il est noble!... il a le droit d'être fier de lui même... Mais là sur ton cœur. . est ce que tu ne portes pas un acte sacré, signé par un ministre du Seigneur.., un acte qui dit que ce valet, que cet esclave, c'est mon maître à moi ! ..

FABIEN

Ce mariage, béni par un prêtre inconnu , dans un coin de l'ile Bourbon,... ta mère croira pouvoir le briser d'un coup de son éventail.... ( Brusquement . et tirant l'acte de sa poche de côté. ) Mais , s’il n y a là de bonheur pour personne , il y a là au moins une insulte et une vengeance !..

Pauline, d'un ton calme.

Oui, Fabien, avec cet acte vous pouvez aller trouver ma mère, et lui dire : Mourez de honte, Madame, votre fille a ch.mgé le nom de la Reynerie contre celui de Fabien.. Voire fille s'est donnée à moi ! ! Vous pouvez faire cela... et je vous pardonnerai , moi. . mais, ma mère maudira la mémoire de sa fi. le t

FABIEN, t'OUblé.

Que dis- tu?

PAULINE

Tu n’as pas oublié qu’à Bourbon la pensée du suicide me vint

une fois Ce poUon , que l'abbé Landry écarta de mes lèvres ,

je l'ai gardé ; il est là,... dans ce meuble (elle indque la console de drove), dont le secret n’est connu que de moi seule... Eh bien ! le jour où , par toi, par tout autre , ma mère apprendra que j'ai foulé aux pieds ce préjugé du sang, qui e-t pour elle une seconde rePgion, ce jour-là je mourrai ! Et maintenant, ami, tu peux tout dire à ma mère.

FABIEN , épouvanté.

Oh ! pardonne-moi, Pau'ine, pardonne-moi ! je souffre tant!... je suis si malheureux!! mais ne crains plus rien... je me résignerai au sort que j’ai accepté, je dompterai la douleur qui me brise, j’étoufferai la jalousie qui me dévore

PAULINE, avec bonté.

Oh ! Fabien !... de la jalousie ! !

FABIEN

Non! je suis fou ! le doute n’est jamais entré dans mon cœurt Il m’aurait tué... Pauline!! Je serai confimt et calme, je le verrai partir chaque jour pour ces fêles brillantes, où tant de séductions t’environnent... et je me tairai! .. Ta mère pourra redoubler d'insultes et d’outrages... je me tairai! Tu accepteras, pour guide,

pour appui, le bras de ce S-dnle-Lucc, de cet homme toujours attaché à tes pas... de cpt homme qui t'aime!., je le verrai, comme tout à l'heure, te dévorer du regard .approcher de ses lèvres «elle main qui «sla moi! je verrai ioul cela, Pauline ..cl je me tairai ! . . . Mais ce poison ne reste a pas ici !... La clé de ce meuble .. donnemoi cette clé...

PAULINE, avec fermeté.

Non, Fabien !

FABIEN

Ce poison! je le veux! [allant à la console) et dussé-je briser ce meuble!. . [Il es aie d' . uvrir la petite armoire.)

Pauline, courant à la porte du (uni.

On vient!... un mot encore, et tu vas me perdre... [Elle a poussé le verrou )

LÀ marquise, en dehors.

C’est moi! Pauline, ouvrez!

PAULINE

Ma mère! elle va me trouver seule, enfermée avec toi !...

Fabien, courant à la fenêtre.

Oh! plutôt me tuer sur ces pavés!...

PAULINE, courant à Fabien.

Ar été! [lui montrant sa ch mbre.) Ah! dans cette chambre... l'escalier de service., hâte-loi !

LA MARQUISE, en dehors.

Pauline!

Fabien, sortant par la porte à droite.

Tu le vois . . je me tais et je pars ! . .

PAULINE, ouvrant.

Pardon, ma mère... pardon.

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