‹ Le Docteur noir, drame en 7 actesChapitre 48 sur 63 · PAULINE, LA MARQUISE · texte numérisé non relu

PAULINE, LA MARQUISE

LA marquise, regardant autour d'elle Vous étiez seule, Pauline...?

Pauline, troublée.

Oui, oui... ma mère... seule...

LA MARQUISE

Le chevalier, on vousquitlanl. avait laissé Fabien dansce salon.

PAULINE

En effet.

LA MARQUISE

Comment cet homme s’est-il permis d entrer ici, sans votre ordre exprès?

Pauline, hésitant.

Fabien avait à me rendre compte d'une visite qu'il avait, suivant mon désir, faite à de pauvres gens.

La marquise avec hauteur.

C'est déjà trop, convonez-en, d'avoir à justifier sa présence dans votre appariement.. je ne veux plus qu'à I aVenir vous avez de semblables explications à me d nner.. Demain, Fabien sortira de cet hôtel; dans trois jours il aura quitté la France.

PAULINE

Lui I

LA MARQUISE

Je le renvoie a la colonie; il y trou\era désormais une existence indépendante, assurée; je lécoinp userai comme je le dois cequ’il a fait pour vou*... Ne parlons plus de cet Ininme, et arrivons au motif qui m’a fait monter ici .. Je viens de recevoir un exprès de Versailles... Mme de Keradeuc, admise après nous chez la reine, me transmet les gracieuses intentions de Sa Majesté à votreégard. Vousav«z plu, ma fille, et, pour vous pouvoir compter parmi ses dames d'honneur, notre reine vous marie.

PAULINE

Qu’entends-je!..

LA MARQUI'E.

Ce sûr, le chevalier de Sainte-Luce recevra les lettres patentes qui lui conféreront le titre de comte, et demain le roi. qui veut aussi mettre le comble aux bontés dont il m’accable, le roi signera votre contrat

PAULINE

Non!... je n’ai pas bien entendu... Mais tout cela est impossible, ma mère!

LA marquise, vivement.

Impossible l...

PAULINE

Quelque brillante que soit la destinée qu’on veut me faire... je la refuse!

LA marquise, avec fermeté.

Ecmitez-moi, ma fille... jo ne faiblirai pas devant un caprice, devant une résistance aussi folle qu'inexplicable... Sauvée par un mi r acle, un nouveau coup peut m’atteindre... et, dans ce temps de troub’e et d orages populaires, je veux vous laisser un soutien, un défenseur, et je ne saurais confier mon enUnt à plus digne et à plus noble que Sainte-Luce, déjà presque mon fils...

( Remarquant l'immobilité de Pauline, et aun ton plue ferme en ■ core) : Je vous le répète, je veux que ce mariage se fasse. . Et par la mémoire de votre père, il se fera ! [Elle va à la console de drJle, sonne, puis y dépose son éventail )

Pauline, d part.

Mon Dieu ! vous voulez donc que je meure?...

la marquise, à l intendant, qui entre.

Prévenez Fabien que j’ai un ordre importmt à lui donner... [Fausse sortie.) Vous ferez monter mi les personnes que j’attends ; je recevrai chez ma fille. [L‘ intendant sort. — .4 Pauline.) C’est maintenant comme votre futur époux que vous devez accueillit le

chevalier. (Elle s'assied à droite. — Pauline, sans rien répondre, s'agenouille devant sa mère et couvre sa main de baiser* etde larme*.) Pauline, n'essayez pa< de me faire changer de détermination : comme votre résistance, vos prière^ seront vaines...

MtiU.VB pleurant.

Ma mère, le ciel m'est témoin que j'aurais voulu vousconsacrer cette existence que vous m'avpz donnée... Je ne vous demandais qu'une place à vos côtés, dans votre cu*ur... et vous me chassez!...

LA MARQUISE

Je vous remots au bras d’un époux.

PAULINE, même jeu.

Avant que votre volonté m'exile et nous sépare... ma mère, regardez-moi comme vous me regardiez, lors îu'enfant je venais chercher dans vos yeux mon bonheur et ma joie... U nissez-moi comme vous me bén s-nez lorsqu'à deux genoux je demandais à Dieu de vivre et de mourir ave -, l'amour d-5 ma mère.

la marquise, la relev ml.

Pauline... c’est demain, au p ed de l'autel, que je bénirai mes enfans.

/ PAULINE, à part, avec résolution.

Demain, elle n’aura plus de. H le !

( L'intendant ouvre la porte du fond.)

LA MARQUISE

Remettez-vous, Pauline, nous ne sommes plus seules.

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