SCÈNE VIT
LA MARQUISE, PAULINE, AURÉLIE, SAINTE-LUCE, personnages DE LA COUR.
l’intendant, annonçant.
Mme la comtesse de Kéradeuc. M. le chevalier do Sainte-Luce, M et Mme de Beaumesnil. M. et Mme de la Frenaye, Mme la marquise d’Amberville, M. le conseiller d’Ormesson.
(Tous ces personnages, à leur entrée sont accueillis par la marquise et salués par Pauline. Les valets préparent et avancent des sièges. La marquise fait asseoir deux dames sur le canapé à gauche et se place elle-même sur un fauteuil près du canapé. P uline, com Mandant à s.»n émotion, a fait placer une dame à droite. Un fauteuil reste vide entre cette dame et Pauline, qui va s’asseoir to it près du meuble à droite. Les hommes restent debout à droite et à gauche derrière les dames. Mme do Keradeuc est seule debout quelques instans près de la marquise.)
AURÉLIE
Ma bonne tante... voilà donc mon vœu le plus cher accompli .. Sainte-Luce vient de m’apprendre...
LA marquise, souriant.
Que je suis une sujette bien humble, bien soumise... et qui s’empresse d’obéir ... Je veux que dès demain, dès ce soir, on sache
a Versailles que j’ai présenté à mes amis, Mme la comtesse de Sainte-Luce, dame d'honneur de Sa Majesté la reine
TOUS
Dame d'honneur l
(Les hommes fé'icitent Sainte-Luee.) aurélie prenant ta main de Pauline.
Enfin!... te voilà ma sœur!...
(Elle s'approche de la dame assise à droite.)
Pauline à part.
Mon Dieu ! donnez-moi encore une heure de force et de courage!
SAINTE-LUCE
Ma lante, mon cœur ne saurait trouver assez d'actions de grâces à vous rendre... Je serai digne, je vous le jure, du trésor que vous voulez bien me confier... (Il baise Ui main de h marquise, et s'approche de Pauline, qui reste immo’ ile et muette. — A port.) Comment !... pas un rigard!...
l'intendant, entrant.
Pardon, Madame la Marquise, Fabien, que vous avez fait demander, est là...
PAULINE
Fabien !
smnte-lucb, à part.
Comme, à ce nom, elle a tressailli! (Il se tient debout près de la marquise, à gauche.)
LA MARQUISE
C'est bien, qu’il attende.
aurélie, allant à la marquise.
Ce pauvre Fabien., je l'ai à peine entrevu depuis son arrrivée. . . j’en ai tant et si souvent parlé dans nos foirées. .. que ces dames, aussi curieuses que je l’étais à Bourbon, brûlent du désir de connaître le docteur noir. ..
LA MARQUISE
Dans ce salon... y songez-vous, ma nièce ?
aurélie, riant.
Ma tante, on n'en saura rien à Bouibon, et M Barbantane n’est pas ici. ( Elle la prie lotit bas )
PAULINE, à part.
Oh ! devant tout le monde il ne pourrait se contraindre
LE CHEVALIER, à part.
Pâle... troublée... comme ce matin... et toujours à propos de Fabien... Par Dieu! je saurai jusqu'où va son intérêt pour cet horrune. (Haut ) Ma lante, permetlez-moi de me joindre à ma sœur. . j’ai, d'ailleurs, une detteà payera Fabien...
LA MARQUISE
Vous ?
SAINTE-LUCE
Oui, d'honneur!
LA MARQUISE
Allons, mon cher comte, aujourd’hui je ne ne veux, je ne dois
rien vous refuser... L4 l'intendant.) Fabien peut entrer... ( Aurélie va s asseoir près de Pauline )
PAULINE, à part.
Il va se trahir et nous peidre !
. sainte-luce . riant.
Eh l mais... c’est presque une présentation.