‹ Le Docteur QuesnayChapitre 103 sur 128 · L'enfance et la jeunesse de Du Pont de Nemours · texte numérisé non relu

L'enfance et la jeunesse de Du Pont de Nemours

dit Quesnay ; mais ceux qui restent deviennent bien plus chers, ils héritent de tous les autres. »

On a vu que Quesnay avait conquis la confiance du Dauphin, en le soignant de la petite vérole en 1752. Un biographe^ a recueilli quelques-unes de ses conversations avec le fils de Louis XV.

Comme Quesnay entrait un jour chez le Prince, celui-ci s'écria :

c( Ah ! monsieur Quesnay, c'est chasser sur vos terres, nous parlons économie, nous nous promenons dans les champs. — Vous vous promenez dans votre jardin, répondit le docteur, c'est là que poussent les fleurs de lys. »

Un autre jour, le Dauphin avançait modestement que la charge d'un roi était bien difficile à remplir : « Je ne trouve pas, répondit Quesnay. — Et que feriez-vous, si vous étiez roi ? — Je ne ferais rien. — Et qui gouvernerait ? — Les lois. »

Le Dauphin se vantait de savoir par cœur

1. De Romance. — Ces anecdotes ne se trouvent pas dans les autres Eloges de Quesnay.

ÏAjni des hommes, quii appelait le bréviaire des honnêtes gens^; il étudiait «sérieusement )) les finances et avait recueilli des renseignements sur Tétat des diverses provinces et sur leurs productions agricoles et industrielles. Il avait rédigé des notes sur des questions financières et économiques. Dans Tune d'elles, il avait écrit :

« Toute imposition est injuste lorsque le bien général ne Fexige pas. Le monarque n'est queFéconome des deniers de TEtat-. »

Le Dauphin disait aussi qu'il préférait être aimé des paysans que de Tètre des courtisans ; il protégea les sociétés d'agriculture et consulta les hommes compétents ou passant pour tels en administration. Il voulut s'attacher Forbonnais sous le ministère de Silhouette. On ne saurait donc s'étonner qu'il ait aimé à s'entretenir avec un homme tel que Quesnay.

Cependant le docteur ne l'assista pas à ses derniers moments \ Peut-être l'explication de

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