Mars et juin
)) pouvoir arbitraire qu'ils exercent en bien » ou en mal sur des nations dont le gouver- » nement n'est pas assuré par des lois fon- » damentales. . . Il y a donc des despotes » légitimes et des despotes arbitraires et » illégitimes. »
Le despote légitime, le bon despote^ envisagé par Quesnay, ressemblait beaucoup au monarque dont le docteur avait un jour parlé au Dauphin, celui qui n'aurait eu rien à faire : « En gros, de quoi s'agit-il pour la )) prospérité d'une nation ? » lit-on dans les Ephémérides ; « de cultiver la terre avec le » plus grand soin possible et de préserver )) la société des voleurs et des méchants... )) Or la première partie est ordonnée par » l'intérêt. » Le gouvernement n'a donc guère à s'occuper que de la seconde : « Oserait-on )) assujettir définitivement la théorie et la pra- » tique de la médecine à des lois positives ? » Alors pourquoi vouloir réglementer ce qui peut s'organiser de soi-même quand on se conforme aux lois naturelles ?
Le despotisme de Quesnay ressemblait beaucoup à l'individualisme. Pour l'auteur du Traité de Droit naturel, l'ordre social
était mieux assuré par le développement de l'instruction des citoyens et par leur bonne volonté que par des combinaisons constitutionnelles. L'aristocratie donnait des privilèges aux grands propriétaires de terres ; la démocratie était dangereuse en raison de l'ignorance et des préjugés du bas peuple; les gouvernements mixtes ne Fêtaient pas moins, parce que « l'autorité est alors dé- » voyée et troublée par les intérêts particu- » liers exclusifs des différents ordres de ci- » toyens qui la partagent avec le monarque. »
Le dernier article de Quesnay figure dans les Éphémérides dejuinl767. Dans le numéro suivant, Bandeau annonça l'apparition du livre de La Rivière, V Ordre naturel et essentiel des Sociétés politiques .
Un peu plus tard, en décembre, le même journal signala à ses lecteurs que la Physiocratie ou Constitution naturelle du Gouvernenient le plus avantageux au genre humain '