Maxime XIIL
s'expliquer plus nettement à ce sujet dans une note qu'il mit en marge du manuscrit de son ami. Mirabeau demandait la suppression des droits de douane, mais songeant à l'acte de navigation de Cromwell, il faisait exception pour les relations avec les pays ayant une politique de commerce exclusive, c'est-à-dire avec FAngleterre; il voulait lui appliquer la loi du talion.
(( Je ne reconnais pas ici les principes
» prospères et fermes de M. le Marquis,
» écrivit Quesnay. Cette peine du talion n'est
» autre chose que gène pour gêne ; ainsi
» double gêne au préjudice du commerce...
» Que nous importe si un acheteur est An-
» glais, Français, Hollandais, etc. ? Veut-on
» faire payer la sortie de nos marchandises
» à cause que Tétranger nous en fait payer
» rentrée chez lui, ce serait les accabler
)) d'une double charge qui pèserait sur la
» vente au préjudice du vendeur ; ce serait
» donc diminution du débit. Veut-on faire
» payer l'entrée des marchandises de l'étran-
» ger parce qu'il fait payer chez lui l'entrée
» des nôtres ? Sur qui tombera cette en-
» trée ? Ce sera pour la plus grande partie
SCHELLE. 19
» sur nous. N'est-ce pas là battre notre cheval » parce que notre voisin Ta battu ? »
Mirabeau fit disparaître dans son ouvrage le passage que le docteur incriminait ; le libre échange sans restrictions devint une des bases de la doctrine physiocratique.
Beaucoup d'autres points de cette doctrine se précisèrent peu à peu lorsque les économistes eurent à discuter avec leurs adversaires. C'est pour tenir compte des modifications qu'elle avait déjà subies en 1767, que les maximes du Tableau économique furent complétées dans la Physiocratie,
Celles qui furent alors ajoutées sont les suivantes^ :
1) Que l'autorité souveraine soit unique et supérieure à tous les individus de la société et à toutes les entreprises injustes des intérêts particuliers. Le système des contre-forces dans un gouvernement est une opinion funeste qui ne laisse apercevoir que la discorde chez les grands et Taccablement des petits.
2) Que la nation soit instruite des lois générales de l'ordre naturel, qui constituent le gouvernement évidemment le plus parfait.
3) Que le souverain et la nation ne perdent jamais