‹ Le docteur ServansChapitre 180 sur 201 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

gnor le bon Dio et nionsignor le roi, mes deux soûls signors au ciel et sour la terre.

le roi. * Passons donc au roi Charles IL

MAZARIN

Ahl quant au roi Caries II, c'est autre çose, et Votre Mazesté va, dans oun instant, convenir avec moi que sa présence à Vincennes, à Paris et même en France, était impossible à tolérer.

ht roi.

Vous avouerez, tout au moins, monsieur, qu'il m'est permis, à moi qui ai été proscrit et fugitif comme lui, de vous demander une explication sur cet ordre donrïé par un ministre à un roi de quitter les États de son cou-* sin et de son allié, comme s'il n'était qu'un simple particulier.

MAZARIN

D'abord, mon cer sire, oun roi dépossédé est à la fois moins et plôus qu'oun simple particulier, attendou qu'il est parfois zênant, zamais outile, danzereux touzours ! Pouis le roi Caries II est votre cousin, c'est vrai; ma vous vous trompez en disant qu'il est votre allié : votre allié, sire, c'est raonsou Ricard Cromwell, protettour de la Grande-Bretagne. Enfin, si votre cousin est proscrit et fouzitif comme vous l'avez été, c'est qu'il avait le mal-

faour de ne pas avoir près de loui oun Zoules Mazarin comme vous en avez ou oun ; sans cela, au liou de courir les grands cemins. comme il le fait, il serait à cette houre sour le trône d'Angleterre.

LE ROI

Je sais tout ce que je vous dois, monsieur, et croyez bien que je ne l'oublierai jamais. Je rends justice à votre génie, auquel je reconnais devoir la paix, mon trône et ma puissance'; mais ce génie, si grand qu'il soit, ou juge mal la situation, ou fait une çrreur. Je suis l'allié de M. Richard Cronrwell, moi? J'ignorais cela ! Le traité d'alliance avec le nouveau protecteur a-t-il été passé par vous à mon insu ? Alors, c'est vrai, car votre acte comme ministre engage le roi de France, qui a eu la faiblesse ou l'insouciance de laisser faire un pareil acte à son ministre.

MAZARIN

Sire, il y a trente ans que ze fais de la politique: avec le cardinale Zinetti d'abord, pouis avec le cardinale de Riceliou, pouis, enfin, tout soûl ; ze l'ai faite soit avec ardour, soit avec esprit... Z'ai ou de l'ardour dans ma zounesse; z'ai ou de l'esprit touzours, ze pouis bien Te dire, pouisque c'est le plous grand reproce que l'on me fait. Eh bien, sire, cette politique, ze dois l'avouer, elle n'a pas touzours été très-honnête, ma elle n'a zaraais été malhabile. Or, celle qu'il me fauchait souivre pour re-

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