ACTE V
mettre le roi Caries II sour le trône serait à la fois mal* habile et malhonnête, sire !
LE ROI
Malhonnête !
MAZAR1N.
Mais oui, pouisque, comme vous le disiez tout à l'houre, vous avez fait oun traité avec monsou Cromwell père.
LE ROI
Et même, dans ce traité, il a signé au-dessus de moi, et a mis son nom plus haut que le mien.
MAZAR1N.
Eh ! sire, c'est la faute de Votre Mazesté ! Pourquoi a-t-elle signé si bas? Eli! mon Diou, monsou Cromwell il a trouvé oune bonne place, il l'a prise; c'était assez son habitoude, vous savez.
LE ROI
Oui, mais, comme je le disais aussi tout à l'heure, M. Cromwell est mort. '
MAZAIUN.
Bon ! vous croyez cela parce qu'il est enterré ? Le roi est mort, vive le roi!... Le protettour est mort, vive le protettour ! Monsou Olivier Cromwell est mort ; mais monsou Ricard Cromwell a hérité de son père et loui a soussédé. Or, le traité que vous avez signé avec le père,
ce traité, il est valable autant et plous que zamais 1 Qu'y a-t-il de çangé dans le fond? rien ! Oun homme est trépassé, enterré, enseveli; c'est la forme qui est ensevelie, enterrée, trépassée : le principe vit! Eh! mon Diou! ze sais bien que c'est malhonnête, au point de voue de la famille, de signer oun traité avec oun homme qui a fait couper le cou à notre oncle, et, au point de voue de la morale, d'avoir contratté oune alliance avec oun parlement qu'on appelle le parlement Croupion ; ma ce n'a point été malhabile au point de voue de la politique, attendou qu'au moment où nos coffres étaient vides, monsou Cromwell m'a prêté cinq millions, et qu'au zour où ze n'avais, plous d'armée, il m'a envoyé six mille Écossais. Avec le traité, z'ai sauvé la France d'oune guerre estérioure qu'elle n'était pas en état de soutenir; avec l'arzent, z'ai fait vivre Votre Mazesté et son augouste famille, qui, sans cet arzent, serait morte de faim ; avec les hommes, z'ai comprimé la révolte ! Vous voyez bien qu'il avait dou bon parfois, ce cer monsou Cromwell... La Hollande protéze le roi Caries II, à qui ze souhaite toutes sortes de prospérités ;% laissez faire la Hollande, où ze le renvoie. Grâce à ce renvoi, elle se fâcera avec l'Angleterre; l'Angleterre et la Hollande oune foisfâcées, elles se battront... Les zens quû boivent de la bière, ils ont oune' fort mauvaise tête!... Ce sont les doux soûles pouissances maritimes de TOurope, laissez-les se battre, sire ! laissez-les détrouire lour marine l'oune par l'autre, et nous bâtirons oune flotte avec les débris