‹ Le docteur ServansChapitre 24 sur 201 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

d'anjou.

Mais, d'abord* comment me trouves-tu, ce matin, petite mère ?

ANNE

Beaucoup trop beau pour un homme !

d'anjou.

Bon ! toi aussi ? Imagine-toi que le chevalier de Lorraine m'a fait faire une pommade pour les lèvres... Tiens, regarde mes lèvres.

ANNE

Elles sont, en effet, d'une adorable fraîcheur.

D'A N J O Ui

Et que Guiche m'a apporté un opiat pour les dents... Vois.

ANNE

Tes dents sont si belles, mon enfant, qu'elles n'ont pas besoin d'opiat.

d'anjou.

11 n'y a rien de si beau, petite mère, qui ne puisse s'embellir encore.

ANNE

Mais pourquoi donc veux-tu être si beau ? je te le demande.

d'anjou*

Mais pour plaire, donc !

ANNE

Regarde le roi : est-ce qu'il passe tout son temps à sa toilette?

d'anjou.

Le roi est le roi : il n'a pas besoin de plaire, puisqu'il peut commander, lui.

En entrant ici, tu me parlais d'une grâce...

d'anjou.

Ah ! oui, c'est vrai.

ANNE

Eh bien?

d'anjou.

Oh ! c'est une chose à laquelle je tiens tout à fait, j<; t'en préviens, petite mère... Ah ! à propos, tuas vu mes gants de peau d'Espagne ?

ANNE

. Non, mais je les vois.

d'anjou.

C'est Mânicamp qui me les a fait faire... Hein ! comme ils sentent bon 1 Toi qui adores les parfums, cela doit te convenir.

ANNE

Prends garde ! si à force de les aimer, toi, tu allais me les faire prendre en haine !

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