ACTE I
D ANJOU
Oh ! il n'y a pas de danger! (imitant l'accent de Mazarin.)
Avec des parfoums et dou beau linze, on condouirait la reine Anne d'Autrice en enfer !
ANNE
Eh bien, monsieur !
d'an i ou.
Ce n'est pas moi, petite mère, qui dis cela : c'est monsou le cardinale !
ANNE
Et ta demande ? voyons.
d'anjou.
C'est juste ! Voici ce que c'est. Il paraît que M.- de Conti* qui est un prince très-savant, a été élevé chez les jésuites de Clermont, avec le fils de notre tapissier Poquelin.
ANNE
Oui. Après ?
danjou.
Ah ! à propos du tapissier, comme c'est mal meublé ici ! Et ces coussins, sont-ils dure ! ils*me brisent les genoux.
ANNE, riant.
Tu sais que M. de Mazarin est économe.
d'anjou.
Oh ! oui, et mon frère aussi le sait. Te rappelles-tu,
petite mère, le jour où M. le surintendant des finances avait donné à Louis deux cents pistoles ?
anne; Oui.
Et où, ce pauvre frère ayant eu l'imprudence de les faire sonner dans son haut-de-chausses, raonsou de Mazarin lui a dit avec scm' çarmant petit assent de Piscina : « Qu'est-ce que z'ai entendou, mon cer prince ? Vous avez de l'arzent, ze crois ? » et lui a pris ses deux cents pistoles, quoique Louis se soit bien débattu ?
ANNE
Chut ! ne disons pas de mal de M. de Mazarin, qui t'aime tant !
d'anjou.
Lui ? Il me fait les blanches dents ; mais, au fond, il ne peut pas me souffrir, j'en suis sûr.
ANNE
Philippe!...
d'anjqu.
Vous avez raison, petite mère. Revenons à ma demande... Eh bien, ce fils de notre tapissier qui se nomme Molière, il paraît que c'est un garçon de mérite. M. de Conti lui a offert la place de son secrétaire, qu'il a refusée... Il est vrai que, comme M. de Conti est un peu vif, on prétend qu'il a tué l'ancien d'un coup de pincettes,