ACTE
ce qui n'était pas engageant pour le nouveau, tu en conviendras... Enfin, ce Molière est enragé du théâtre; il fait des comédies qu'il joue lui-même... — Ah ! quand y aura-t-il un nouveau ballet? Le costume de la nymphe Écho m'allait si bien I
ANNE
Je crois que ton frère ne demanderait pas mieux que d'en faire danser un nouveau; mais l'argent manque.
Comment, l'argent manque? Je croyais que les édits étaient rendus.
ANNE
Oui, mais le parlement refuse de les enregistrer. d'anjou.
Oh!, quel malheur! Vilain, parlement! J'ai toujours pensé, moi, qu'il n'y avait rien de bon à tirer de gens si laids et si mal habillés !... Donc, pour en revenir au protégé de M. de Conti, le nevou de monsou le cardinale...
ANNE
Encore !
d'anjou.
Il désire... Ah! mon Dieu! comment cela s'appelle-t-il donc?... Il désire... Ah! j'y suis! un privilège de théâtre.
ANNE
Oh ! mais un privilége'de théâtre, cela regarde le roi.
d'anjou.
Le roi? .
ANNE
Oui, c'est une grande affaire! une affaire d'État!
* d'an j ou.
Alors, les affaires d'État, cela regarde mon frère?
ANNE
Sans doute, puisqu'il est roi.
Mais la guerre, alors, ce n'est point affaire d'État ; la paix, ce n'est point affaire d'État ; les finances, ce n'est point affaire d'État; les alliances avec l'étranger, ce n'est point affaire d'État.
ANNE
Pourquoi cela?
d'anjou.
Dame ! puisque vous vous en chargez, M. de Mazarin et toi, petite mère... Tiens, veux-tu que je te dise? j'ai peur que mon pauvre frère Louis XIV ne ressemble beaucoup à notre auguste père Louis XUI, à qui le cardinal de Richelieu, le grand cardinal, comme on l'appelle depuis qu'il est mort, n'avait laissé, pour office royal, que le privilège de guérir les écrouelles.
ANNE
Te tairas-tu, méchant enfant? .